Jane Austen,
Raison et Sentiments
(1811)
“ Non, non, s’écria Marianne, un malheur tel que le mien ne laisse aucun orgueil ; il m’est égal que tous ceux qui me connaissent sachent combien je souffre. Que m’importe leur triomphe ? Il ne peut rien ajouter à ma misère. Elinor, Elinor, il est bien faible le chagrin qui peut s’adoucir par la fierté, qui peut s’élever au-dessus de l’insulte et de la mortification ; il peut alors s’effacer entièrement, tandis que le mien ne s’effacera jamais ; je ne puis le surmonter. On peut jouir du mal qu’on m’a fait tant qu’on voudra, sans l’augmenter ni l’affaiblir. Je n’ai plus aucun sentiment de fierté ”

