Résumé

Jean Gravier Les Conséquences juridiques de la grève (1912)

Pour nous, il est, c'est ce que nous démontrerons plus loin, non pas indifférent mais d'intérêt secondaire que la grève soit considérée comme une cause de rupture ou, au contraire, comme une simple suspension du contrat de travail. Ce qui est important, essentiel, ce sur quoi nous avons insisté déjà longuement, c'est le principe que les obligations résultant du contrat de travail ne sont nullement paralysées du fait de la grève.
La grève n'est pas une sorte de cas de force majeure qui dispense l'ouvrier de remplir ses engagements vis-à-vis du patron : Voilà le point essentiel.
Source : Gallica

Jean Gravier Les Conséquences juridiques de la grève (1912)

Qu'on ne nous dise pas que si chaque ouvrier est tenu de rester à l'usine jusqu'à une époque fixée, aucune coalition entre eux ne sera plus possible, puisque les uns seront encore liés, quand les autres auront le droit de quitter le travail.
La réponse est simple: Rien n'empêche les ouvriers d'une même fabrique, d'une même région ou d'un même état d'assigner à leur engagement la même durée et les mêmes délais de congé. La liberté renaîtra alors au même moment.
Auparavant ils auront eu du moins le temps de discuter avec leur patron.
Source : Gallica

Jean Gravier Les Conséquences juridiques de la grève (1912)

La théorie de la suspension est critiquable en ce qu'elle considère le but que se proposent les grévistes et qu'elle assimile ce but éloigné, problématique, au motif même de l'acte.
Ils veulent, ayant fait cesser tel ou tel abus du patron ou obtenu telle ou telle modification au contrat, la grève terminée, reprendre leur place à l'usine ou à l'atelier. Ils savent bien qu'on aura besoin d'eux et ils y comptent. Voilà, si nous ne nous trompons, le but que se sont proposé les grévistes ; mais nous ne croyons pas que ce soit là le motif juridique de leurs agissements.
Source : Gallica

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