Jean Védrine

Résumé

Jean Védrine Un mot aux habitants de Lupersac (1846)

J'aurais craint les remords de ma conscience si j'avais spontanément, sans légitime cause, quitté les rangs des ouvriers du père de famille, mais on est venu me troubler dans mon tranquille et consciencieux labeur; on a méconnu le dévoûment qu'il y avait au fond de mon âme ; on a voulu me donner le baptême de l'ignominie, je n'en veux pas; je ne l'accepterai jamais; je reçois tout de mes supérieurs, excepté la honte. Qu'ils subissent devant Dieu la responsabilité de leur œuvre, les hommes qui seront la cause de ma retraite prématurée.
Source : Gallica

Jean Védrine Un mot aux habitants de Lupersac (1846)

Ce bon prélat, digne de tout le respect et de tout l'amour de son clergé, m'a accueilli avec de douces paroles, il a pris part à mes peines, déploré la précipitation avec laquelle j'avais été déplacé. J'ai déposé dans son cœur l'honorable secret, mobile de mes démarches; je lui ai déclaré que nulle puissance humaine ne me ferait abandonner ma ligne de conduite, et que j'accomplirais jusqu'à la fin un impérieux devoir. Son cœur a compris ma position et regretté de n'avoir pu être juge des tracasseries que l'on m'a suscitées.
Source : Gallica

Jean Védrine Un mot aux habitants de Lupersac (1846)

Son cœur est un tombeau hermétiquement clos qui ne doit laisser échapper aucune parcelle du dépôt qui lui a été confié. On comprend qu'un devoir aussi rigoureux peut devenir, en certains cas, bien pénible à remplir et être la cause de terribles perplexités pour le prêtre, obligé de subir les inexorables exigences de sa position religieuse et sociale, de se présenter désarmé devant toutes les haines et toutes les calomnies, et de courber la tête dans une poignante résignation.
Le martyre sanglant n'a pas les douleurs de cet ineffable martyre, à nul autre pareil.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature