Joseph Chailley-Bert

Résumé

Joseph Chailley-Bert Revue des Deux Mondes

L’armée coloniale sortie de ce vote n’est pas l’armée qui convient aux colonies. La loi ne s’est préoccupée que du choix des hommes ; les hommes, sans doute, dans une armée ont leur importance ; les chefs en ont bien davantage. La véritable armée coloniale est une armée dont les officiers seraient recrutés en vue des nécessités de la politique coloniale.
Oui, comme les fonctionnaires politiques, comme les fonctionnaires techniques, les officiers coloniaux devraient avoir été préparés pour le service des colonies.
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Mais sur ce point capital et à cette heure décisive, je voudrais essayer de faire partager à l’organisateur du ministère des Colonies des convictions lentement acquises et solidement échafaudées.
Qu’il se garde de continuer à gouverner et à administrer les colonies avec des fonctionnaires détachés des services de la métropole. Ces services ne lui céderaient que leurs sujets les plus médiocres [2] ; et parvînt-il à leur arracher les plus éminens, qu’il pourrait encore n’avoir pas à s’en louer. Un fonctionnaire préparé pour la métropole ne saurait convenir aux colonies.
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Joseph Chailley-Bert Revue des Deux Mondes

La police se fait la main dans la main avec les pouvoirs civils. L’officier de l’armée coloniale [8] est donc sans cesse mêlé aux choses de la politique et de l’administration. Il voit, il fréquente, il apprend à connaître et parfois à apprécier les fonctionnaires indigènes et, en tout cas, à les considérer comme autre chose que des fantoches grotesques. Il est le collaborateur quotidien de l’administrateur ; il lui donne, il lui demande des avis ; il lui fait part de ses renseignemens ; il combine avec lui les mesures à prendre ; là, où il n’y a pas d’administrateur, c’est lui qui le supplée
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