Résumé

Observations d'un ancien préfet sur le projet de loi de responsabilité des ministres et des agents… (1833)

N'y a-t-il pas des occasions périlleuses où un administrateur digne de ce nom doit faire plus que son devoir, et est-il de l'intérêt des législateurs de détruire ces élans et ce dévouement par la crainte de la correction ? Et puisqu'on tient tant à la responsabilité, avant le procès devant les tribunaux n'y a-t-il pas la responsabilité de la honte, de la révocation, de la destitution ? Quoi! même sans approuver un fonctionnaire,un ministre ne peut-il rien excuser dans telle circonstance impérieuse? Quoi ! le gouvernement ne peut-il amortir, éteindre, dissimuler aucune affaire, aucun scandale?
Source : Gallica

Observations d'un ancien préfet sur le projet de loi de responsabilité des ministres et des agents… (1833)

Ainsi, en administration aussi, il n'y avait pas d'affaire dont on ne pût appeler à un tribunal supérieur, et celui-ci était présidé par le prince lui-même. Si l'on dit que ces juges étaient amovibles, je dirai qu'en administration du moins, personne n'a établi en principe qu'il ne pouvait pas faire son devoir a moins d'être inamovible. Ce n'est pas le cas ici d'examiner s'il est
raisonnable, possible, de rendre inamovible un conseil d'Etat chargé déjuger des mesures de l'administration, qui au fond ne sont pas autre chose que le gouvernement lui-même.
Source : Gallica

Observations d'un ancien préfet sur le projet de loi de responsabilité des ministres et des agents… (1833)

Faut-il dire aux hommes qui n'ont jamais quitté Paris le ridicule, l'énormité du scandale d'un préfet en prison dans son département! Qu'est-ce qui lui obéira quand il en sortira ! Ne vaut-il pas mieux mille fois qu'il cesse d'être préfet avant d'être mis en prison! Et si l'on dit que le ministre en le blâmant peut le destituer, je demande ce que fera ensuite le ministre si le préfet est en définitive absous de l'accusation pour laquelle il a été mis en prison, pour laquelle il a été destitué? On voit que, dans la nouvelle marche qu'on veut introduire, on touche de tous côtés à l'absurde
Source : Gallica

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