Résumé

Louis Moreau,  Jean-Jacques Rousseau et le siècle philosophe (1870)

“ Ce n'est que dans la mesure où elle s'assimile la loi et associe sa volonté aux desseins révélés de Dieu sur les hommes, qu'elle a la possession de ses propres conseils et le secret discernement de ses volontés. Le bien, c'est la fixité de l'âme au centre des divines clartés ; le mal, c'est la déviation, immédiatement accusée par l'ombre qu'elle projette, l'ombre du moi tournant le dos à la Vie.
Rousseau est une âme obscure, égarée dans les sens et l'orgueil. Il ne voit rien des autres, ni de lui-même, qu'à la lueur des passions, courts éclairs dans la nuit noire.
”
Source : Gallica

Louis Moreau,  Jean-Jacques Rousseau et le siècle philosophe (1870)

“ Quand M. de Voltaire se récrie sur le désastre de Lisbonne et regarde la destruction d'un certain nombre d'individus comme un mal dans l'univers, qu'en sait-il ? Quel est son orgueil de se compter pour quelque chose dans l'immensité et d'attaquer l'ordre général sur l'anéantissenent de quelques êtres, ses semblables ? Nous crions au mal physique et moral, dès que les circonstances s'opposent à notre bonheur particulier. Or, la Nature fait tout pour elle-même et ne fait rien pour nous; elle compte pour rien nos douleurs et nos souffrances, et immole sans cesse l'individu au bien de l'espèce. ”
Source : Gallica

Louis Moreau,  Jean-Jacques Rousseau et le siècle philosophe (1870)

“ L'œil de Rousseau ne voit pas cela, si hagard et si court. Il est littéralement hors de la loi chrétienne. Il rejette le péché originel; la mort du Juste n'est que le martyre du Sage; il prend en pitié la folie de la Croix. — Le monde du christianisme est plein de douleurs, sans doute, mais aussi de beauté, d'harmonie et d'espérance; c'est la pensée vive de Dieu, visitée tour à tour par l'épreuve et la consolation. — Ce monde chimérique de Rousseau est âpre et dur; il est sec, il est laid et désolé. C'est le cauchemar d'une intelligence malade et impie. ”
Source : Gallica

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