Léon Vallas, Edmond Locard

Résumé

Léon Vallas, Edmond Locard Revue Musicale de Lyon 1903-12-01…

L’indiscutable succès remporté par Tristan et Isolde auprès de tous les publics et dans tous les milieux, ouvriers ou bourgeois, était cependant une preuve aveuglante de ce fait qu’on peut aimer et admirer une musique extrêmement difficile et complexe sans en comprendre la technique et la contexture, ou ce qui revient au même qu’on peut subir le charme d’une langue dont on ignore le graphisme.
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Léon Vallas, Edmond Locard Revue Musicale de Lyon 1903-12-01…

Liszt avait entretemps dirigé la première exécution de Lohengrin à Weimar, le 28 août 1851, l’anniversaire de la naissance de Goethe ; l’œuvre avait remporté du succès sur toutes les grandes scènes allemandes ; après dix ans, Wagner pouvait encore écrire : « Je serai bientôt le seul Allemand qui n’ait pas vu Lohengrin... »
C’est ce désir ardent d’entendre sa propre œuvre, de voir sur la scène ce que son esprit avait conçu, qui conduisit Wagner à tenter de vaincre les difficultés qui s’opposaient à la représentation d’une de ses œuvres en France.
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Léon Vallas, Edmond Locard Revue Musicale de Lyon 1903-12-01…

Comme le disait si spirituellement l’autre jour notre confrère le Dr Marc Mathieu, les bourgeois qui applaudissent Lohengrin se donnent l’illusion de comprendre Wagner. Ceux qui applaudissent Tannhaeuser ont déjà un peu plus qu’une illusion. Et encore faut-il distinguer ceux qui préfèrent le second acte (il y a chez ceux-là un vieux levain d’italianisme) et ceux qui apprécient plus spécialement le prélude ou le récit du voyage à Rome.
Quoiqu’il en soit la représentation de samedi a été un succès comme il nous a été rarement donné d’en voir au Grand-Théâtre.
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