M. le baron E. de N****

Résumé

M. le baron E. de N**** La Chouette

Dit le garde en entrant, et puis attablons-nous,
Nous l’avons bien gagné, ma foi, qu’en dites-vous ?
Et posant son fusil contre l’espagnolette :
Voudriez-vous, l’abbé, garder cette chouette ?
Dit-il au bon curé, donnez-la à l’enfant,
Demain avec son arc il tirera au blanc.
— Il tirera au blanc, dites-vous ? vous, son père !
Au lieu de lui donner une leçon sévère,
Vous l’excitez vous-même à ce jeu si cruel.
Si Dieu nous a donné sur un être mortel
Le droit d’en disposer pour notre subsistance,
Sachez que de nous faire un jeu de sa souffrance,
Est un crime commis envers l’humanité.
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M. le baron E. de N**** La Chouette

Ayant par trop choyé la vigne du Seigneur.
Les voyant approcher la chouette se dresse,
Et vous leur fait des yeux tout brillans de tendresse
Mais de ces deux flambeaux la sinistre lueur,
Perçant l’obscurité, fit une telle peur
Au jeune jouvenceau, que saisissant son père,
Regardez, lui dit-il, au mur du cimetière ;
C’est le diable, je crois ! oh, sauvons-nous d’ici ;
Le père se retourne en disant : qu’est ceci ?
Qu’y a-t-il ? Eh ! parbleu, que tu es femmelette,
Ne vois tu pas, nigaud, que c’est une chouette ?
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M. le baron E. de N**** La Chouette

La chouette ayant fait un cri en cet instant,
Ce cri, ce cri fatal de notre infortunée,
Décida de la vie et de la destinée ;
À l’instant en effet la détente partit,
Le coup répercuté dans les airs retentit,
Et la nuit succédant à ce feu peu durable,
L’obscurité devint bien plus impénétrable.
Lors le garde incertain du succès de son coup,
Croyait n’avoir rien fait qu’effrayer le hibou.
Quand soudain une plume effilée, légère,
Se balançant au vent lui frôla la visière
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