Résumé

Notice sur Mme la Vtesse de Noailles… (1855)

Les tranfitions de l'âge , le paffage d'un genre de vie à un autre, fe font le plus fouvent de force, toujours avec regrets & combats. On s'accroche au rivage , on le regarde longtemps encore après l'avoir quitté. Mme de Noailles, au contraire, préfidait à ces changements, dirigeait leur accompliflement , s'établiffait dans fon nouvel âge comme dans une nouvelle maifon , y cherchant les bons coins : tout était changé dans fa vie, elle feule ne changeait point
Source : Gallica

Notice sur Mme la Vtesse de Noailles… (1855)

Il y a des gens qui n'ont leur âge qu'une fois dans la vie; enfance ou jeuneffe, maturité ou vieilleffe, ils n'atteignent qu'un inftant de paffagère perfection; hélas! d'autres n'ont jamais leur âge. Léontine eut toujours le fien ; elle traverfa avec un égal fuccès les époques de la nature humaine, fans devancer, fans retarder d'une feconde l'heure fouvent fatale des tranfitions. L'enfance avait tout promis,, la jeuneffe, la maturité tinrent toutes les promeffes de l'enfance.
Source : Gallica

Notice sur Mme la Vtesse de Noailles… (1855)

Léontine avait alors fix ans; depuis fa naiffance elle menait une vie fort agitée; fa fanté n'en fouffrait point, & fon intelligence, fes grâces & fa figure fe développaient à l'envi fous tous les ciels & fous tous les toits. Elle jafait, danfait, chantait du matin au foir, inventait mille histoires plaifantes, jouait des tours aux graves amis de fa grand'mère, contrefaisait les voix & les airs ridicules, écoutait toutes les conversations, & voulait toujours s'y mêler.
Source : Gallica

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