Résumé

Portrait de Paul Arène Paul Arène Le Parnassiculet contemporain

À quoi peut songer à cette heure, dans la rue du FourSaint-Germain, sur les trottoirs mouillés qui étincellent aux lueurs du gaz, Si-Tien-Li, poëte chinois et mandarin de première classe ?
Il pense sans doute que là-bas, près du fleuve Jaune, les nuits d’octobre sont plus belles qu’à Paris ; il essuie mélancoliquement ses deux longues moustaches fines que continuent jusqu’au sol deux minces fils d’eau glacée, clairs comme des baguettes de verre, et de temps en temps, entre les toits pointus et les faisceaux noirs des cheminées, son regard triste cherche la lune.
Source : Wikisource

Portrait de Paul Arène Paul Arène Le Parnassiculet contemporain

Tout au contraire, il fait des vers parisiens en Chine, et rêve de sapeurs et de Cauchoises dans les rues de Pékin, que bordent des maisonnettes en bambou. — Ah ! mandarin, que vous avez raison ! continue le poëte en secouant avec frénésie l’or clair de ses longs cheveux. Mort à la réalité et malheur à celui qui voudra la mettre dans ses vers !
Le vers, mandarin, c’est cette coupe de cristal de Bohême, — et il lève un grand calice, long comme une fleur de digitale et si frêle, si mince, qu’un souffle d’air pourrait le faire vibrer. — La coupe est sonore tant qu’elle reste vide
Source : Wikisource

Portrait de Paul Arène Paul Arène Le Parnassiculet contemporain

Il faut avoir un critérium, mandarin ! Barrer son cœur aux passions humaines, et demeurer, ainsi qu’il convient, le spectateur farouche et froid du drame de la vie ; écrire en un style somptueux et compliqué auquel ne puisse rien entendre le Vulgaire, et s’inspirer toujours des temps et des régions énigmatiques sur lesquels flottent comme un voile divin l’Idéal et l’Ombre : voilà le vrai critérium, le seul, le nôtre, celui de l’hôtel du Dragon-Bleu !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature