Résumé

Première lettre de M**** à M. le vicomte de Châteaubriand… (1816)

En Angleterre, un Membre des Communes ou de la Chambre-Haute fait abnégation de ses propres sentimens et vote toujours avec son parti. Il n'en va pas ainsi chez nous ; les opinions sont individuelles ; elles ne se groupent que par assimilation ; chacun vote à sa guise, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, et ne contracte pas d'engagement indissoluble. Cette indépendance est un point d'honneur pour un Français ; elle survit à toutes les autres libertés, et quand elle vient à cesser, c'est que le despotisme est à son comble, ou qu'un esprit de vertige s'est emparé des têtes.
Source : Gallica

Première lettre de M**** à M. le vicomte de Châteaubriand… (1816)

Les circonstances locales et les intérêts qui en dérivent l'ont maintenu et fortifié ; le caractère national en a reçu une empreinte ineffaçable ; les lois, les institutions, les moeurs, les habitudes sont dans une parfaite harmonie : le jeu de la machine est connu, ses forces sont calculées, les résultats sont certains. Rien de semblable ne saurait exister en France. Donnez des priviléges à la pairie, que les substitutions et les retraits lignagers y créent et maintiennent de grandes fortunes, j'en confesse la nécessité ; mais n'espérez pas par-là modifier sensiblement les moeurs.
Source : Gallica

Première lettre de M**** à M. le vicomte de Châteaubriand… (1816)

Là où est l'initiative est le gouvernement : c'est un principe incontestable. Le Roi propose la loi, dit la Charte : ainsi, c'est le Roi qui gouverne : tout procède de lui ; les Ministres sont les agens de son autorité suprême; le pouvoir légal qu'ils exercent, ils le tirent de la couronne. Ils ne sont rien par eux-mêmes; ils ne peuvent donc parler en leur nom. C'est au nom du Roi qu'ils présentent les propositions de lois. La volonté tout entière appartient au Monarque, l'exécution tout entière est abandonnée aux Ministres
Source : Gallica

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