“ Pour la politique, pour l’administration elle-même, dans l’exercice des pouvoirs discrétionnaires, qui, à mes yeux, la constituent seuls, la responsabilité ministérielle est la base de notre constitution, le complément et la raison dernière du gouvernement représentatif. Par la responsabilité politique, les chambres font prévaloir leurs doctrines, leurs volontés ; elles ne soutiennent un ministre qu’autant qu’il s’y dévoue et se montre leur fidèle interprète : admirable système tant qu’il n’attribue à la responsabilité que des objets dignes de la mettre en jeu. ”
Responsabilité ministérielle
Définition et enjeux
La responsabilité ministérielle désigne le principe constitutionnel selon lequel les ministres doivent rendre compte de leurs actes devant les instances parlementaires. Ce concept, fondamental au régime parlementaire, a été examiné par plusieurs auteurs : Vivien met en avant son rôle de « base de notre constitution », tandis que Fauvel étudie ses conséquences sur la répartition des pouvoirs.
Laferrière, pour sa part, rattache cette responsabilité à l’importance d’une action parlementaire, soulignant ainsi les subtilités théoriques et pratiques liées à cette idée. Les discussions sur ses frontières et son mise en œuvre soulignent son rôle essentiel dans l’équilibre des institutions.
Citations sur “responsabilité ministérielle”
Charles de Mazade,
Chronique de la quinzaine, histoire politique et littéraire - 14 septembre 1869
“ Qu’on disserte tant qu’on voudra sur la manière dont ce gouvernement peut se former, sur les termes dans lesquels la responsabilité ministérielle est reconnue, c’est la force des choses qui se charge d’interpréter les textes et d’y suppléer quelquefois. ”
“ Pour ceux qui touchent à l’action du gouvernement, si une justice régulière n’est pas constituée, la responsabilité ministérielle y supplée. Le citoyen obtient toujours ou la garantie judiciaire ou la garantie politique, des juges institués pour reconnaître son droit et le faire respecter, ou des ministres responsables de sa violation devant les pouvoirs parlementaires. C’est un principe non contesté, et ceux qui ne veulent pas que le contentieux administratif soit soumis à une juridiction, entendent le placer sous l’abri de la responsabilité ministérielle. ”
