Résumé

Portrait de Édouard Laferrière Édouard Laferrière Traité de la juridiction administrative et des recours contentieux… (1887-1888)

Mais de même que le juge de paix, dont la sentence est cassée pour excès de pouvoir par la Cour de cassation, ou le juge d'instruction dont l'ordonnance est annulée, ne tombe pas sous le coup de la prise à partie, de même l'administrateur, dont la décision est annulée par le Conseil d'État, n'encourt pas de plein droit une responsabilité personnelle. La responsabilité civile ne s'ajoute à la responsabilité administrative, que si l'illégalité, censurée par le Conseil d'État, constitue en même temps une faute personnelle de l'agent. Tel est l'esprit de la jurisprudence du Tribunal des conflits
Source : Gallica

Portrait de Édouard Laferrière Édouard Laferrière Traité de la juridiction administrative et des recours contentieux… (1887-1888)

Bien plus, si l'arrêt d'annulation fait moralement obstacle à ce que la décision annulée soit prise de nouveau dans les mêmes conditions et avec les mêmes vices, il n'y fait pas obstacle juridiquement. L'annulation pour excès de pouvoir ne peut avoir pour effet que de supprimer l'acte existant et non de paralyser pour l'avenir la liberté de l'administrateur, quelque usage irrégulier qu'il en fasse. Une action en dommages-intérêts dirigée contre l'administration à raison du préjudice causé par l'acte illégal, serait alors la seule ressource offerte à la partie lésée.
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Portrait de Édouard Laferrière Édouard Laferrière Traité de la juridiction administrative et des recours contentieux… (1887-1888)

Quoi de plus étranger, à première vue, à toute idée de litige et de débat juridique qu'un classement de chemin, une délimitation du domaine public, une nomination ou une révocation de fonctionnaire, une autorisation donnée, refusée ou retirée en matière de voirie ou de police de l'industrie ? Et pourtant ces actes d'administration peuvent donner lieu à des débats contentieux, à des litiges dont le champ est plus ou moins vaste selon la nature des décisions prises et des griefs invoqués. Il suffit pour cela qu'on relève contre elles une infraction au droit.
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