Résumé

Louis Michon Le gouvernement parlementaire sous la Restauration (1905)

Chez nous le gouvernement tout entier est dans la main du Roi ; il n'a besoin du concours des Chambres que s'il reconnaît la nécessité d'une loi nouvelle et pour le budget. Or, dans un pays où tant de lois ont été rendues, le cas où une loi nouvelle serait indispensable est une idée presque métaphysique ; et on ne peut supposer l'existence d'une Chambre qui, pour faire prévaloir ses vues particulières ou son opposition au gouvernement, condamnerait la nation à périr par l'anéantissement ou la suspension des services publics.
Source : Gallica

Louis Michon Le gouvernement parlementaire sous la Restauration (1905)

Le même article du Journal des Débats définissait ainsi ce que devaient être théoriquement les rôles respectifs du cabinet et de la majorité parlementaire : « Le ministère dira-t-il : « Je suis pour la majorité partout où elle est ». Vous êtes pour la majorité, c'est fort bien ; mais est-ce une raison pour que la majorité soit pour vous ? Distinguons bien entre un ministère qui se traîne derrière une majorité, et un ministère qui marche à la tête de cette majorité ; entre un ministère qui fait, par la confiance qu'il inspire, une majorité, et un ministère qui subit cette majorité.
Source : Gallica

Louis Michon Le gouvernement parlementaire sous la Restauration (1905)

Renverser le ministère, il fallait bien pouvoir y arriver : « Dans la monarchie représentative, la majorité doit prévaloir contre un ministère, sans que pour cela la royauté soit ni compromise ni annulée. La royauté choisit les ministres, il n'y a pas de doute, mais la majorité de la Chambre les renverse. Il n'y a pas d'outrage, pas même d'offense envers le roi.
Le roi rend la pareille au pays au moyen de la dissolution. La nation nomme la Chambre, le roi la renverse en la dissolvant. C'est un veto réciproque que le roi et le pays exercent l'un envers l'autre » 2.
Source : Gallica

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