“ La juridiction n’offrirait de danger réel qu’autant qu’elle pourrait sortir de ses attributions ; le contentieux de l’administration touche de si près à l’administration pure, la distinction entre l’un et l’autre est quelquefois si subtile et si délicate, que la confusion pourrait aisément s’établir. Mais le gouvernement, qui peut toujours dessaisir l’autorité judiciaire elle-même quand elle s’écarte de sa sphère, posséderait à bien plus forte raison ce droit à l’égard d’une juridiction administrative, et rien n’est plus facile que d’en organiser l’exercice. ”
Vivien
Résumé
La Revue des Deux Mondes, rédigée par Vivien, examine les enjeux juridiques et administratifs de la France du XIXe siècle, en mettant en évidence les tensions entre gouvernement, administration et juridiction. Ce texte, structuré autour d’analyses approfondies des compétences des autorités publiques, aborde les limites de la police, la responsabilité des agents de l’État, ainsi que le rôle du Conseil d’État en tant que garant de l’équilibre des pouvoirs.
À travers des citations qui soulignent les défis de la gouvernance et les dilemmes éthiques de l’administration, Vivien démontre comment la loi et la pratique politique interagissent pour construire un État de droit. Son œuvre reste un témoignage fondamental sur les bases de la modernité administrative.
Citations de Revue des Deux Mondes (Vivien)
“ Une seule raison décide ces inimitiés : c’est un pouvoir qui fait la police ; et pour les esprits ignorans et prévenus, la police est une sorte d’autorité malfaisante qui flétrit tout ce qu’elle touche. Que Paris prononce : à sa tête est un magistrat qui repousse l’émeute et déjoue les complots, qui garantit le jour et la nuit ses habitans contre les ruses du voleur et les attentats de l’assassin, qui assure sa subsistance, lui procure l’usage libre et commode de ses rues et de son fleuve, veille sur sa santé et maintient l’ordre, la paix, le calme. ”
“ La responsabilité qui pèse sur elle devient un des élémens nécessaires du gouvernement représentatif. Le principe de la responsabilité ne s’applique point et ne peut pas s’appliquer aux faits pour lesquels l’administration est soumise à des règles et ne jouit d’aucune liberté d’action ; elle n’est pas responsable de ce qu’elle exécute ni de ce qu’elle omet, par l’ordre ou l’interdiction de la loi. La responsabilité ne peut exister sans la liberté ; c’est un principe de droit autant que de morale et de philosophie. ”
