Prince Démétrius Caradja

Résumé

Prince Démétrius Caradja Revue des Deux Mondes

Je suis le jeune homme que ton oncle a vu cette nuit dans le bois de cyprès du sérail ; je te défends de pousser l’audace jusqu’à épouser une femme que j’aime. Je te jure, sur la tête de mon père, que si tu persistes, tu mourras de ma main !
Quand Méhémet se retrouva sur la selle, il chercha vainement des yeux l’insolent jeune homme qui lui avait ainsi parlé. Le janissaire avait disparu ; mais son visage, enflammé du feu de la colère, brillait comme un fantôme devant l’imagination frappée de l’écuyer du sultan.
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Prince Démétrius Caradja Revue des Deux Mondes

Abstiens-toi, Méhémet, de ce fruit défendu, si tu as quelque respect pour la bénédiction de ton oncle et quelque envie de voir la prospérité de notre maison. Donne-toi bien de garde de tâter d’un mets qui est réservé pour une autre table que la tienne. Pense qu’on t’a mis en main une sœur, et non une épouse. Caresse-la en particulier comme une sœur, appelle-la ta femme en public, mais ne va pas plus loin ; ne cherche pas même, si tu tiens à la vie, à porter tes regards indiscrets dans les ténébreuses profondeurs de ce mystère que je découvrirai à tes yeux quand il en sera temps.
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Prince Démétrius Caradja Revue des Deux Mondes

Nous avons voulu, au prix de notre vie, sauver deux têtes si chères à notre sublime souverain. Maintenant que nous avons rempli ce saint devoir, nous serons trop heureux de mourir, si telle est la volonté de notre maître.
Sultan Achmet, en entendant ces paroles, versa des larmes de joie et d’attendrissement.
La Validé-SuItane, la Koutoudji et l’Imam, introduits tour à tour, répétèrent dans les mêmes termes la déclaration de Nuh-Effendi, et Baltadji-Méhémet, stupéfait de ce qu’il venait d’apprendre, reçut une pelisse de zibeline, un riche poignard et un nouveau cheval magnifiquement orné.
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