Robert Hénard

Résumé

Robert Hénard La rue Saint-Honoré (1908-1909)

A onze heures, le Louvre est pris par les insurgés. Puis, ceux-ci s'occupent de nettoyer les rues qui relient le palais à la rue SaintHonoré, refoulent la garde royale qui leur résiste mollement, emportant les barricades, enjambant les pavés et les morts, pleins d'entrain, au pas de charge. Un ciel bleu marbré de blanc se mêle dans le ruisseau de la chaussée à la pourpre du sang, et ce bleu, ce blanc, ce rouge, ce sont encore les couleurs de la Liberté qui montrent au peuple le chemin de la victoire.
Source : Gallica

Robert Hénard La rue Saint-Honoré (1908-1909)

« Tombera! Tombera pas! » Et il tomba, brisé en trois morceaux, sans avoir provoqué par sa chute ni effondrement, ni catastrophe. La foule contempla l'œuvre et se sentit humiliée.
Tandis qu'un énergumène, escaladant le piédestal, plantait un drapeau rouge et hurlait « Vive la Commune ! »
sans trouver d'écho, elle s'en fut muette et résignée vers les boulevards et les Tuileries. Rue Saint-Honoré, les garçons se dépêchaient de faire disparaître, avant la nuit, de la devanture des cafés, les bandes protectrices, précaution qui, jugée maintenant superflue, risquait d'être taxée de ridicule.
Source : Gallica

Robert Hénard La rue Saint-Honoré (1908-1909)

Ce n'est pas au marché, dans les rues, dans la demeure des simples citoyens qu'il faut aller chercher le thermomètre de notre richesse, de notre bonheur et de l'abondance dans laquelle nous nageons, mais à l'hôtel d'Aligre, Salon de la Réunion, rue Saint-Honoré. C'est là que les productions de la nature et des arts sont mises à contribution pour faire couler d'heureux jours et de plus heureuses nuits à nos sybarites. C'est là que le Pérou, l'Europe et l'Asie viennent étaler leurs richesses et se disputer à l'envi la gloire de parer nos belles et de relever le mérite de nos petits maîtres.
Source : Gallica

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