Résumé

S. Ricard Précis de la mythologie scandinave

La nature prend le deuil à la mort de Balder, de même que l’histoire se voile, non à cause de la mort du héros, mais pour l’innocence succombée à la méchanceté. Toutes les fois que l’obscurité l’emporte sur la clarté, c’est le beau, le juste et le vrai qui succombent ; mais ils ne succombent que pour renaître dans un éclat redoublé. Balder disparaît de la nature quand les fleurs s’étiolent et que les vents de l’automne sifflent à travers les rameaux dépouillés de la forêt ; Balder meurt dans l’âme toutes les fois que l’esprit s’égare, oubliant son origine céleste
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S. Ricard Précis de la mythologie scandinave

Il suffit d’entrevoir la pensée principale à travers le mythe compliqué. Le feu souterrain qu’enchaînent dans ses limites l’art et l’intelligence humaine, mais qui devient funeste et terrible dès le moment qu’il échappe à son gardien, telle est l’idée représentée par cette fiction. Le feu qui fond les métaux, qui réchauffe les entrailles de la terre pour en féconder le sein, ne tarde pas à être de la plus grande utilité pour l’homme, qui ne s’avise non plus de l’anéantir, mais qui se contente de le dompter et de le captiver, comme les dieux le firent autrefois du loup de Fenris.
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S. Ricard Précis de la mythologie scandinave

L’aigle plane au-dessus de la couronne de l’arbre, le serpent se tortille dans le fond, le cygne nage tranquillement dans les eaux pures de la source sacrée ; une rosée bienfaisante rafraîchit la terre ainsi que le cœur humain. En effet, l’image est sublime, il n’y a que l’âme humaine qui soit capable de la saisir, nul peintre, nulle couleur ne saurait la rendre. Rien ici n’est en repos, tout s’agite à l’instar de la pensée qui ne se lasse jamais de travailler, comme le sentiment, qui ne cesse jamais de se remuer.
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