“ Une longue expérience apprend seule à reconnaître parmi ces cris divers le sifflement aigu, pareil à une forte expiration pectorale, qui caractérise le jaguar et son rival pour la taille, le cougouar, les deux seules espèces de chats que l’homme ait à craindre en Amérique. Ce cri ne se fait entendre que le matin et le soir, à l’heure du crépuscule, lorsque ces animaux cessent leurs excursions nocturnes ou s’apprêtent à les recommencer, et n’a rien d’effrayant ; mais il n’en est pas de même de celui que pousse le jaguar en fondant sur sa proie, ou en rôdant pour la surprendre. ”
Citations de Revue des Deux Mondes (Th. L.)
“ Des expériences directes et le scalpel des anatomistes, en dévoilant l’organisation intime des animaux et les penchans qui en sont les conséquences, ont fait évanouir ces tableaux d’une imagination poétique, et prouvé qu’une férocité invincible n’est pas plus l’apanage du tigre royal et du jaguar que des autres espèces de la famille des carnassiers. La faim apaisée, leur fureur disparaît, pour ne renaître qu’avec de nouveaux besoins. ”
“ À Buenos-Ayres et Montevidéo où la température est semblable à celle de l’Espagne, le jaguar est beaucoup plus féroce que dans les régions équatoriales, et attaque presque constamment l’homme, lorsqu’il le rencontre. Tapi dans les pajonales, espaces couverts de joncs élevés que les Pampas offrent de distance en distance, ou dans les fourrés qui garnissent le bord des rivières, il fond de là sur le voyageur qui passe à sa portée ; aussi les habitans du pays évitent-ils ces endroits, ou n’y passent qu’en poussant le cri de tigre ! ”
