“ Quand la loi et la Force retiennent un homme dans la Justice, elles ne lui imposent rien qu’une pure négation. Elles ne lui imposent que l’abstention de nuire. Elles n’attentent ni à sa Personnalité, ni à sa Liberté, ni à sa Propriété. Seulement elles sauvegardent la Personnalité, la Liberté et la Propriété d’autrui. Elles se tiennent sur la défensive ; elles défendent le Droit égal de tous. Elles remplissent une mission dont l’innocuité est évidente, l’utilité palpable, et la légitimité incontestée. ”
Citations sur “Frédéric Bastiat”
“ La Loi, c’est donc uniquement l’organisation du droit individuel préexistant de légitime défense. La Loi, c’est la Justice. Il est si faux qu’elle puisse opprimer les personnes ou spolier les propriétés, même dans un but philanthropique, que sa mission est de les protéger. Et qu’on ne dise pas qu’elle peut au moins être philanthropique, pourvu qu’elle s’abstienne de toute oppression, de toute spoliation ; cela est contradictoire. La Loi ne peut pas ne pas agir sur nos personnes ou nos biens ; si elle ne les garantit, elle les viole par cela seul qu’elle agit, par cela seul qu’elle est. ”
Frédéric Bastiat,
Sophismes économiques
“ Vous avez beau combattre le Communisme, tant qu’on vous verra le ménager, le choyer, le caresser dans cette partie de la législation qu’il a envahie, vos efforts seront vains. C’est un serpent qui, avec votre approbation, par vos soins, a glissé sa tête dans nos lois et dans nos mœurs, et maintenant vous vous indignez de ce que la queue s’y montre à son tour ! Il est possible, Monsieur, que vous me fassiez une concession ; vous me direz, peut-être : Le régime protecteur repose sur le principe communiste. Il est contraire au droit, à la propriété, à la liberté ”
Frédéric Bastiat,
Harmonies économiques
“ Il ne faut pourtant pas perdre de vue que la valeur a le même principe dans le service que dans le produit. Si l’une des parties dit do, au lieu de facio, c’est qu’elle a eu la prévoyance d’exécuter le facio par anticipation. Au fond, c’est le service de part et d’autre qui mesure la valeur. Or, si pour le travail actuel tout retard est une souffrance, pour le travail antérieur il est une perte. Il ne faut donc pas croire que celui qui dit do, le capitaliste, s’amusera ensuite, surtout si l’on considère l’ensemble de ses transactions, à différer le marché. ”
Louis Candau, Frédéric Bastiat et la Chalosse… (1878)
“ Frédéric Bastiat, l'âme et le héros de ce grand jour de fête, dans sa ville bien aimée de Mugron, parle-t-il moins haut à notre intelligence et à notre cœur, a-t-il moins de titres à notre affection et à nos sympathies, si nous savons apprécier toutes ses grandes qualités, quoique si modestes, son esprit observateur et profond, ses nobles et sages conquêtes dans le domaine trop ignoré de l'Economie politique, son génie sérieux et transcendant? ”
Frédéric Bastiat,
Correspondances et mélanges
“ Il se dresse sur la dernière marche de sa vie passée, comme l’ange au glaive de feu sur le seuil de l’Éden ; il ferme la porte sur les rêves de bonheur et de paix. Désormais, proscrit, tu n’as plus de chez toi ; tu ne rentreras plus dans l’indépendance intime de ta pensée ; tu ne reviendras plus te délasser dans l’asile de ton cœur ; tu ne t’appartiens pas, tu es la chose de ton idée ; — vivant ou mourant, ta mission te traînera. Or la mission que Bastiat s’était donnée, ou plutôt que les événements lui imposèrent, était au-dessus des forces humaines. ”
Frédéric Bastiat,
Intérêt et principal
“ Ainsi, quand l’intérêt baisse de 5 à 4, de 4 à 3, de 3 à 2, cela veut dire que le capital s’est accru de 100 à 200, de 200 à 400, de 400 à 800, et que le capitaliste touche successivement pour revenu 5, 8 et 12. Et le travail n’y perd rien, bien au contraire : car il n’avait à sa disposition qu’une force égale à 100, puis il a eu une force égale à 200, et enfin une force égale à 800, avec cette circonstance qu’il paie de moins en moins cher une quantité donnée de cette force. ”
Frédéric Bastiat,
Essais — ébauches — correspondance
“ Ils supposent que l’État est un être existant par lui-même, possédant des richesses inépuisables, indépendantes de celles de la société ; qu’au moyen de ces richesses, l’État peut fournir du travail à tous, assurer l’existence de tous. Ils ne prennent pas garde que l’État ne peut jamais que rendre à la société des biens qu’il a commencé par lui prendre ; qu’il ne peut même lui en rendre qu’une partie ; que de plus l’État est composé d’hommes, et que ces hommes portent aussi en eux-mêmes le sentiment de la personnalité, enclin chez eux, comme chez les gouvernés, à dégénérer en abus ”
Louis Candau, Frédéric Bastiat et la Chalosse… (1878)
“ Son âme trop ardente anéantit ses forces physiques, ainsi que la lame souvent use le fourreau. Si Frédéric Bastiat ne naquit point à Mugron, mais à Bayonne, en 1801, il n'en fut pas moins des nôtres, toute sa vie d'homme éminent, dès ses plus belles années de jeunesse, restant toujours Chalossais d'esprit et de cœur. C'est en Chalosse qu'il trouva la réalisation de l'un de ses premiers rêves de bonheur. ”
Frédéric Bastiat,
Sophismes économiques
“ Est-il vrai qu’un écu soit le principe qui fait produire tous les objets dont il facilite l’échange ? On convient bien qu’un écu de cinq francs ne vaut que cinq francs ; mais on est porté à croire que cette valeur a un caractère particulier ; qu’elle ne se détruit pas comme les autres, ou ne se détruit que très à la longue ; qu’elle se renouvelle, pour ainsi dire, à chaque transmission ; et qu’en définitive cet écu a valu autant de fois cinq francs qu’il a fait accomplir de transactions, qu’il vaut à lui seul autant que toutes les choses contre lesquelles il s’est successivement échangé ”
Frédéric Bastiat,
Correspondances et mélanges
“ Allez-moi faire avec cela une association unie, ardente, dévouée. Si j’eusse été à Paris, une telle faute n’eût pas été commise. J’ai trop étudié ce qui fait la force et le succès de votre organisation. — Ce n’est pas du milieu d’hommes fortuitement assemblés que peut surgir une ligue vivace. Ainsi que je l’écrivais à M. Fonteyraud, ne soyons que dix, que cinq, que deux s’il le faut, mais élevons le drapeau de la liberté absolue, du principe absolu ; et attendons que ceux qui ont la même foi se joignent à nous. ”
Frédéric Bastiat,
Intérêt et principal
“ Il faut que je lui apprenne à tirer le fusil, à manier le sabre, et à vivre comme moi, sans rien faire. Car, comme je me défie de vous tous, et que vous pourriez fort bien ne me pas payer, je suis bien aise, à l’occasion, d’avoir main-forte. Coquins de pauvres, qui prétendez qu’on vous prête sans intérêt ! Impies, qui ne voulez pas de l’exploitation de l’homme par l’homme ! ”
Frédéric Bastiat,
Lettres d’un habitant des Landes
“ L’ardeur qui le consume quand il cherche à rendre la lumière aux aveugles, ce profond et sévère penseur la porte dans ses sentiments d’amitié. Apôtre d’une des sciences les plus rigoureusement exactes, sa sensibilité son organisation morale sont si délicates que chez lui la moindre impression laisse des traces : joie ou peine, rien ne s’efface. L’histoire de la vie de Bastiat est une bien simple histoire. Elle se concentre presque tout entière dans l’intérêt précoce et persévérant que lui inspirent l’étude et la solution des problèmes économiques. ”
Frédéric Bastiat,
Cobden et la ligue
“ « Réduisez le droit sur les choux de Hammersmith de 10 à 6 sh., laissant la taxe sur ceux de Battersea telle qu’elle est maintenant à 20 sh. » Revêtus du manteau du patriotisme, ils s’adressent à lord John Russell et le prient d’intervenir auprès de son frère, le duc de Bedfort, afin qu’il adopte cette admirable combinaison. Le noble duc, que je suppose un homme avisé, réplique : Votre devise : les choux à bon marché ! n’est qu’un prétexte pour cacher votre égoïsme. — Si je réduis votre taxe de 4 sh., laissant celle de Battersea à 20 sh. ”
Frédéric Bastiat,
Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat…
“ Par où l'on voit l'énorme absurdité de ce pays consommateur, s'il repousse le produit précisément parce qu'il est à bon marché; c'est comme s'il disait: «Je ne veux rien de ce que la nature donne. Vous me demandez un effort égal à deux pour me donner un produit que je ne puis créer qu'avec une peine égale à quatre; vous pouvez le faire, parce que chez vous la nature a fait la moitié de l'œuvre. Eh bien! moi je le repousse, et j'attendrai que votre climat, devenu plus inclément, vous force à me demander une peine égale à quatre, afin de traiter avec vous sur le pied de l'égalité.» ”
Frédéric Bastiat,
Sophismes économiques
“ Le temps approche où l’on reconnaîtra que nous avons eu raison de ne pas consentir à mettre, dans le titre de notre Association, un leurre, un piége, une surprise, une équivoque, mais la franche expression d’un principe éternel d’ordre et de justice, car il n’y a de puissance que dans les principes ; eux seuls sont le flambeau des intelligences, le point de ralliement des convictions égarées. Dans ces derniers temps, un tressaillement universel a parcouru, comme un frisson d’effroi, la France tout entière. Au seul mot de communisme, toutes les existences se sont alarmées. ”
“ La loi pervertie ! La loi — et à sa suite toutes les forces collectives de la nation, — la Loi, dis-je, non seulement détournée de son but, mais appliquée à poursuivre un but directement contraire ! La Loi devenue l’instrument de toutes les cupidités, au lieu d’en être le frein ! La Loi accomplissant elle-même l’iniquité qu’elle avait pour mission de punir ! ”
Frédéric Bastiat,
Sophismes économiques
“ Cependant, Robinson ayant sur Vendredi un grand ascendant, son avis prévalut, et quand l’étranger vint chercher la réponse, Robinson lui dit : « — Étranger, pour que votre proposition soit acceptée, il faudrait que nous fussions bien sûrs de deux choses : « La première, que votre île n’est pas plus giboyeuse que la nôtre ; car nous ne voulons lutter qu’à armes égales. « La seconde, que vous perdrez au marché. Car, comme dans tout échange il y a nécessairement un gagnant et un perdant, nous serions dupes si vous ne l’étiez pas. — Qu’avez-vous à dire ? » ”
Frédéric Bastiat,
Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat…
“ Bastiat était tout simplement une belle intelligence éclairée par un admirable cœur, un de ces grands pacifiques auxquels, selon la parole sacrée, le monde finit toujours par appartenir. Nous préférons hautement ces hommes-là aux génies solitaires et aux penseurs sibyllins. Ce ne sont, en effet, ni les idées ni les systèmes qui nous manquent aujourd'hui, mais le trait d'union et le lien d'harmonie. La masse incohérente des matériaux épars de l'avenir ressemble à ces gangues où le métal précieux abonde, mais disséminé dans la boue. ”
Frédéric Bastiat,
Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat…
“ Une fois qu'on pose en principe que la Propriété tient son existence de la Loi, il y a autant de modes possibles d'organisation du travail, qu'il y a de lois possibles dans la tête des rêveurs. Une fois qu'on pose en principe que le législateur est chargé d'arranger, combiner et pétrir à son gré les personnes et les propriétés, il n'y a pas de bornes aux modes imaginables selon lesquels les personnes et les propriétés pourront être arrangées, combinées et pétries. ”
Louis Reybaud,
Économistes contemporains. — Frédéric Bastiat…
“ Bastiat était ce que l’on nommait un libéral, et jusqu’au bout il est resté un libéral : il est mort avec toutes les croyances, ou, si l’on veut, toutes les illusions de sa jeunesse. Au moment où éclatèrent les événemens de juillet 1830, il était à Mugron dans les Landes, près de son grand-père; déjà il a rompu avec le comptoir et la spéculation maritime, et c’est vers l’agriculture qu’il dirige son activité. ”
Frédéric Bastiat,
Correspondances et mélanges
“ Il invoque sans cesse l’indépendance nationale. Mais l’indépendance fondée sur ce qu’on n’a rien à perdre, sur ce qu’on a rompu tous les liens par lesquels on pourrait nous atteindre, c’est l’indépendance du sauvage, c’est l’invulnérabilité du néant. Si un peuple, adoptant la liberté du commerce, parsemait de ses vaisseaux toutes les mers, pendant qu’un autre, obéissant au régime restrictif, concentrerait toute sa vitalité dans les limites de ses frontières, il n’est pas douteux qu’en cas de guerre le premier ne fût plus vulnérable que le second. ”
Frédéric Bastiat,
Correspondances et mélanges
“ Mes lettres sont dans la Voix du peuple, cela suffit pour qu’elles soient dédaignées de ces messieurs ; comme si elles pouvaient faire du bien ailleurs. Eh ! quand il s’agit de ramener les ouvriers, ne vaut-il pas mieux dire la vérité dans le journal qu’ils lisent ? Mardi, je commence mon cours à la jeunesse des écoles. Tu vois que la besogne ne manque pas ; et, pour m’arranger, ma poitrine subit un traitement qui me prend deux heures tous les jours. Il est vrai que je m’en trouve à merveille. Je ne te parle que de moi, mon cher Félix, imite cet exemple, et parle-moi beaucoup de toi. ”
Louis Reybaud,
Économistes contemporains. — Frédéric Bastiat…
“ Bastiat a quarante-trois ans, et son obscurité lui pèse; aucun des efforts qu’il a faits ne l’a complètement servi; il sent qu’il n’est pas sur son véritable théâtre, et bien des motifs l’y retiennent pourtant, ses fonctions, ses habitudes, sa santé chancelante, le soin de ses affaires, ses affections de famille, par-dessus tout une timidité naturelle et une grande fierté de sentimens. Si la destinée ne s’en mêle pas, il restera où il est, dans son humble sphère, avec des velléités qui se combattent et la conscience d’un but qui semble reculer devant lui ”
Frédéric Bastiat,
Sophismes économiques
“ Croyez-vous donc extirper l’ambition du cœur de l’homme ? — Non certes, et je ne le désire même pas. Mais ce qui est très-possible, c’est de détourner l’ambition d’une voie donnée en anéantissant l’appât qu’on y avait imprudemment placé. Vous aurez beau élever des mâts de cocagne, personne n’y montera s’il n’y a pas une proie au bout. Il est certain que, si une opposition systématique, une coalition mi-blanche et mi-rouge se formait au sein du conseil général, elle pourrait fort bien faire sauter le préfet, mais non mettre les meneurs à sa place. ”
Frédéric Bastiat,
Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat…
“ Divise ton champ en trois; fais (p. 274) trois parts de ton temps, de tes avances et de tes forces, et cultive à la fois des oliviers, du lin et des céréales.» Cet homme aurait probablement de bonnes objections à m'opposer; mais si j'avais autorité sur lui, j'ajouterais: «Tu ne connais pas tes intérêts; je te défends, sous peine de me payer une taxe énorme, d'acheter à qui que ce soit de l'huile et du lin.»—Je forcerais bien cet homme à multiplier ses cultures; mais aurais-je augmenté son bien-être? Voilà le régime prohibitif. ”
Frédéric Bastiat,
Intérêt et principal
“ Puisque M. Bastiat ne daigne ni honorer de son attention ma réponse, ni comparer les faits qui la motivent, ni faire état du mouvement historique qui met à néant sa théorie ; puisqu’il est incapable d’entrer avec moi en dialogue et d’entendre les raisons de son contradicteur, il faut croire qu’il y a en lui excès de personnalité. C’est un homme, comme l’on dit, qui abonde dans son propre jugement, et qui, à force de n’écouter que soi, s’est séquestré de toute conversation avec ses semblables. ”
Frédéric Bastiat,
Correspondances et mélanges
“ Il souleva un peu sa tête, l’appuya sur sa main droite, et se disposa à parler. L’intelligence brillait encore dans ses yeux. Son regard avait une expression que j’avais souvent remarquée au milieu de nos entretiens. Il semblait annoncer la solution d’un problème. La première phrase qu’il prononça sortit si faible de ses lèvres que l’abbé, placé debout à la tête du lit, n’en put rien entendre, et que je n’en recueillis que le dernier mot. C’était l’adjectif philosophique. Après une courte pause, il prononça distinctement : la vérité ”
Frédéric Bastiat,
Incompatibilités parlementaires
“ Chacun sait que ses purs-sangs courent sur le turf. Les dîners qu'il donne à l'hôtel de Paris arrêtent la foule sur le boulevard, et l'on se dit: Voilà un brave homme, qui, loin de rien réserver de ses revenus, ébrèche probablement son capital.—C'est ce qu'on voit.Il n'est pas aussi aisé de voir, au point de vue de l'intérêt des travailleurs, ce que deviennent les revenus d'Ariste. Suivons-les à la trace, cependant, et nous nous assurerons que tous, jusqu'à la dernière obole, vont faire travailler des ouvriers, aussi certainement que les revenus de Mondor. ”
