Ivan Tourgueniev,
Terres vierges
“ « C’est la vie entière d’un homme que je tiens là dans ma main, » pensait-il. Il comprenait quel cruel sacrifice faisait Markelof en ce moment ; mais pourquoi, pourquoi précisément à lui ? Fallait-il rendre ce portrait à Markelof ? Non ! c’eût été une injure encore plus cruelle... Après tout, ce visage lui était cher, il aimait cette femme ! Néjdanof porta son regard sur Markelof, non sans quelque crainte : celui-ci ne l’observait-il pas ? ne cherchait-il pas à deviner ses pensées ? Mais Markelof, les yeux toujours détournés, s’était remis à mâchonner ses moustaches. ”
