A. I. Kuprin,
Le duel
(1922)
“ Sur son beau visage sombre, dont la pâleur était rehaussée par des cheveux d’un noir bleuâtre, Romachov lisait toujours une raideur, une retenue, une rudesse qui relevaient moins d’un être humain que d’un puissant animal. Souvent, en l’observant de loin, Romachov se représentait Ossadtchiï en proie à un accès de colère et, rien que d’y penser, pâlissait et contractait ses doigts glacés d’effroi. Cette fois encore, il ne pouvait détacher ses yeux de cet homme fort, tandis que celui-ci s’asseyait tranquillement le long du mur sur la chaise que lui avançaient des mains prévenantes. ”
