Henri Ardel,
Le rêve de Suzy
(1914)
“ Elle n’a pas un atome de dot et aucune fortune en perspective.— Oh ! fit Suzy tout bas.Elle serrait si fort son éventail entre ses doigts, qu’un feuillet se brisa.Il y avait dans ce « oh ! » de la stupeur, et aussi une impossibilité de croire aux paroles entendues, une révolte contre l’évidence même. Instinctivement, elle se détourna pour supplier Georges de lui dire qu’elle avait mal compris... Mais entre eux tombait, aussi infranchissable qu’une épaisse muraille, le tissu soyeux de la portière dont les convenances lui interdisaient de soulever un pli même. ”
