Aimé Constantin

Aimé Constantin Études sur le patois savoyard. I, Projet d'alphabet à l'usage de notre patois (1877)

Un bon maître d'école, loin de rougir de s'en servir pendant les premiers mois de l'année, doit le traiter de pair avec le français, pour mettre ses élèves à leur aise dès leur entrée à l'école. Il doit leur apprendre avant tout à comprendre et à parler la langue française, et la méthode la plus sûre et la plus rationnelle est d'aller du connu à l'inconnu, en prenant le patois comme point de départ pour les amener graduellement à parler français. En un mot, il doit se faire petit avec les petits pour les attirer à l'école, pour se les attacher et enfin pour les élever jusqu'à lui.
Source : Gallica

Aimé Constantin Études sur le patois savoyard. I, Projet d'alphabet à l'usage de notre patois (1877)

Quant aux mots qui ont du rapport avec le français, il nous faudra, autant que cela sera possible, conserver l'orthographe française ; mais du moment que celle-ci ne représenterait plus la véritable prononciation, l'orthographe française devrait être sacrifiée. Ainsi nous écririons biau, beau, et non biô; lou tyran, les tyrans, et non lou tiran ; mon habi, mon habit, et non mon abi; sçayï, scier, et non sayï, parce que dans ces mots on peut conserver en partie l'orthographe française sans aucun préjudice pour la prononciation.
Source : Gallica

Aimé Constantin Études sur le patois savoyard. I, Projet d'alphabet à l'usage de notre patois (1877)

Il est certain que les habitants de la campagne et même des petites villes parlent toujours patois entre eux, et qu'ils ne se servent du français qu'à leur corps défendant. Il est non moins certain que le patois déteint sur le français, et que ceux qui l'ont parlé dès leur enfance, comme ceux qui se trouvent chaque jour en rapport avec les habitants de la campagne, ne pourront jamais entièrement secouer le joug du patois, quelque bonne instruction qu'ils aient reçue.
Source : Gallica

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