Alice Véga

Élements biographiques

Portrait de Alice Véga Alice Véga L’Amour qui ne meurt pas

Tu n’es plus cet enfant rieur et caressant
Dont l’allégresse étonne et la voix fraîche enivre ;
Tu n’es plus cet ardent et bel adolescent
Qui fait tout oublier d’un mot et d’un sourire,
Et cependant jamais tu ne fus si puissant.
Nul chant ne vaut celui que ta bouche soupire
Les tendres soirs d’été, les longues nuits d’hiver,
Quand tu me dis les mots que seul tu sais me dire.
Tu me rends supportable et doux mon sort amer ;
Mystérieusement près de moi tu chemines,
Voilé comme le ciel, secret comme la mer,
Et dépassant du front les plus hautes collines.
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Portrait de Alice Véga Alice Véga L’Amour qui ne meurt pas

Ne cherchez pas les immortels parmi les morts...
Et ne ramenez pas nos ombres à l’arrière ;
En avant ! Exaucez notre ultime prière ;
Dans votre âme fidèle, amis jeunes et forts,
Emportez-nous vers l’avenir et la lumière !
C’est votre cœur que nous voulons pour seul tombeau,
C’est en vous qu’ici bas nous entendons revivre.
Malheur à l’oublieux qui de rêves s’enivre !
Vous nous appartenez ; relevez le flambeau :
Il nous trahit, celui qui n’ose pas nous suivre.
Trouverez-vous trop durs et trop hauts les chemins
Que jusqu’au bout nous avons faits pour vous défendre ?
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Portrait de Alice Véga Alice Véga L’Amour qui ne meurt pas

Plus haut que le soleil, au-delà de nos yeux,
Figure désormais voilée
Que je ne cherche plus qu’aux cieux...
Toi qui me vois errer exilée en ce monde,
Ne prépares-tu pas pour moi, chère âme, oh ! dis,
Moi solitaire et vagabonde,
Une patrie, un paradis ?
N’est-il pas des jardins là-haut, plus beaux encore
Que ceux où nous chantions toutes deux autrefois,
Où dans tes yeux luira l’aurore,
Où me consolera ta voix ?
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