“ Cette force, la même dans l’air et dans l’eau, c’est l’effluve. L’air et l’eau sont deux masses liquides, à peu près identiques, et rentrant l’une dans l’autre par la condensation et la dilatation, tellement que respirer c’est boire ; l’effluve seul est fluide. Le vent et le flot ne sont que des poussées ; l’effluve est un courant. Le vent est visible par les nuées, le flot est visible par l’écume ; l’effluve est invisible. De temps en temps pourtant il dit : je suis là. Son Je suis là, c’est un coup de tonnerre. La tempête de neige offre un problème analogue au brouillard sec. ”
Effluve
Définition et enjeux
Citations sur “effluve”
Auguste Éloire, La question de l'étiologie du charbon… (1880)
“ Après s'être produit comme nous venons de l'indiquer, l'effluve se répand et se dissémine dans l'air et exerce son action sur les êtres organisés qui vivent au centre ou au voisinage du foyer d'infection. ”
L. Samuel Viaud, Des effluves ou émanations paludéennes
“ Le calorique augmente la force dissolvante de l’air et active le déplacement de ce fluide, à mesure que les couches de l’atmosphère sont échauffées, raréfiées par la chaleur, elles dissolvent une plus grande quantité d’émanations et les entraînent dans l’espace ; l’air qui vient occuper la place abandonnée par celui qui s’élève, s’échauffe, se dilate, s’en charge à son tour, et les dissémine ensuite comme celui qui l’avait précédé sur la surface du marécage. Nous trouvons encore dans l’humidité une des causes qui concourent à la propagation des effluves. ”
Auguste Éloire, La question de l'étiologie du charbon… (1880)
“ Si les mouvements de l'atmosphère sont rapides, impétueux, irréguliers, les effluves sont entraînés, dispersés, disséminés dans tous les sens et rendus inertes, mais si un vent régulier ne souffle que légèrement, il peut transporter, à de très-grandes distances sans les affaiblir, les principes morbifiques élevés des lieux humides. ”
Ch Labouverie, Notions de physiologie et d'hygiène… (1868)
“ Il faut éviter d'habiter sous le vent qui apporte le plus habituellement les effluves marécageux. Si on le peut, on tiendra fermées les"fenêtres placées du côté d'où viennent les émanations, en ouvrant seulement celles du côté opposé, etc.Enfin, si l'on a à traverser seulement un pays marécageux, on peut placer au-devant de la bouche et du nez un linge imbibé de chlorure de soude ou d'eau de javelle, ou même simplement mouillé d'eau, ou encore, si l'on ne peut mieux faire, un linge sec, s'il est vrai, comme on l'a prétendu, qu'un simple tissu suffise pour arrêter les effluves. ”
Marc Seguin,
Mémoire sur les causes et sur les effets de la chaleur…
(1865)
“ Les effluves de molécules matérielles qui arrivent de l'espace dans tous les sens, toutes les directions et avec toutes les vitesses, celles de ces effluves qui viennent du soleil ou que nous provoquons par les moyens artificiels que nous employons pour en déterminer la production, distendent les courants qui existent autour des conducteurs, et cette action se décompose en deux parties. ”
Alexandre Vallon, Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'armée… (1880)
“ Les effluves sont le résultat de la décomposition de myriades d'animaux et de végétaux vivant dans la fange des marrais, et se décomposant, après leur mort, sous l'influence de la chaleur et de l'humidité. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Engouffré dans la nue, il la creuse, il s’y roule, En voûte épaississant les masses qu’il refoule. Sa rage, l’enflammant, le projette au dehors. Ainsi le mouvement embrase tous les corps : Tu vois le plomb rapide en tournoyant se fondre. Sous ce vent échauffé le nuage s’effondre. Et les germes ignés s’échappent, furieux, En jets éblouissants qui nous poignent les yeux : Puis l’oreille est frappée, et la voix de l’orage Éclate ; mais le son est plus lent que l’image. Imagines-tu bien l’élan prestigieux, L’entassement profond de ces vapeurs des cieux ? ”
Platon,
Sophiste ; Politique ; Philèbe…
“ Car, si violent que fût le flot qui, apportant la nourriture au corps, le submergeait et refluait ensuite, plus grand encore était le trouble causé par les impressions des objets qui le heurtaient, quand, par exemple, le corps d’un individu venait se choquer contre un feu étranger, extérieur à lui, contre une terre dure, contre des eaux glissantes, ou qu’il était assailli par une tempête de vents poussés par l’air, et que les mouvements dus à toutes ces causes allaient, en traversant le corps, jusqu’à l’âme et la heurtaient. ”
Charles Cros,
Le fleuve
(1874)
“ Les coteaux abaissés , le ciel agité , l' air murmurant et salé , proclament que la mer est là , terme implacable à la folle équipée de l' eau , qui vers le ciel chaud s' était échappée . La mer demande tout , fantasque , et puis , parfois refuse les tributs du Fleuve , limon , bois , cadavres , rocs brisés qu' aux montagnes lointaines , aux terres grasses , aux hameaux , aux vertes plaines , il a volés , voulant rassasier la mer . Et tout s' entasse , obstacle au Fleuve . L' homme fier trouve ici les débris distincts de chaque année , aux temps obscurs où sa race n' était pas née . ”
Charles Augustin Sainte-Beuve,
Poésies
“ Parmi la mousse et l’herbe, avec un long murmure Jaillir un courant d’eau. Pourtant jamais aux bords de l’onde murmurante, Malgré le poids du jour et la soif dévorante, Ne boit le voyageur ; Jamais un front de vierge, incliné sur la rive, N’y mire, en se lavant, sa parure naïve Et sa chaste rougeur. Car qu’importe la mousse, et l’ombre, et le silence, Et qu’en effleurant l’onde un souffle frais balance Les rameaux sur son cours ? Cette onde dans sa source est comme du bitume ; Elle brûle et dévore, et toujours elle écume, Et bouillonne toujours. ”
Édouard Grenier,
Poèmes dramatiques. Stéphen ; In excelsis…
“ Mais parfois viens voir ton image Ou jouer dans l'onde avec nous; Car du rivage Le fleuve serait trop jaloux. EVE. Sur les flancs arrondis des cygnes l'eau se brise, Et sous nos bras tendus s'entr'ouvre et se divise ; 98 POEMES DRAMATIQUES. Le courant nous soulève, et, sur son sein mouvant, Le flot nous passe au flot et nous porte en avant. Qu'il est doux de glisser sur l'onde fugitive, En se laissant ainsi voguer à la dérive Dans'un joyeux effroi de cet autre élément! L'homme échappe à la terre et l'oublie un moment ”
Émilie du Châtelet,
Dissertation sur la nature et la propagation du feu
(1744)
“ Une preuve de l’indifférence du Feu pour tous les corps quelconques, c’est que l’air d’ici-bas, qui est composé de toutes les parties hétérogenes qui se mêlent à lui par les exhalaisons, s’échauffe également par un même Feu. ”
Élisée Reclus,
Histoire d’un ruisseau
“ Enfin, nous avons triomphé de nos puériles terreurs, nous décrivons notre courbe au-dessus du courant et nous sentons l’air siffler à nos oreilles ; l’eau, qui s’ouvre sous nos têtes, mugit autour de nous : nous sommes comme perdus dans un abîme grondant qui se referme. ”
Lucrèce,
De la nature des choses
“ Quand les germes aqueux surchargent ses nuages. — Quoi ! dans ces tourbillons de flammes, rien de plus ? Dans ce désastre unique ?... — Un ruisseau, Memmius, Pour qui n’a jamais vu de rivière est un fleuve ; Nous en usons ainsi pour toute chose neuve. Tout s’exagère, un arbre, un homme ; et ce qu’on voit Est toujours le plus fort et le plus grand qui soit. Hélas ! la terre entière, avec les cieux et l’onde, Ne compte pas devant l’immensité du monde. Expliquons maintenant ces accès furieux Qui des flancs etnéens crachent la flamme aux cieux. ”
Édouard Grenier,
Poèmes dramatiques. Stéphen ; In excelsis…
“ Mais comment traverser le fleuve au lit profond? ADAM. Nous ferons tous les deux comme les cygnes font. La vague, nous ouvrant son sein qui se soulève, Comme eux à l'autre bord nous portera sans trêve. Viens donc; et, descendant dans l'herbe et les roseaux, Allons voir de plus près le fleuve aux grandes eaux. LE PREMIER JOUR DE L'ÉDEN. 89 III. AU BORD DU FLEUVE. ADA1 0 mon Eve! dans l'air plus vif et plus rapide Ne sens-tu pas monter une fraîcheur humide? N'entends-tu pas des flots, des roseaux et des bords, Sourdre un murmure égal qui roule des accords? ”
Johann Wolfgang von Goethe,
Faust
“ Les voilà qui bouillonnent, se gonflent, se brisent, et grondent comme travaillées par le feu ; l’écume poudreuse rejaillit jusqu’au ciel, et les flots sur les flots s’entassent, puis, avec le fracas d’un tonnerre lointain, surmontent la gorge profonde. ”
André Chevrillon , Revue des Deux Mondes
“ Nous glissons dans une sorte de vide, dans une profondeur incolore et claire. Clarté plus douce et plus puissante par en bas, où tout est reflet, image illusoire, sauf, çà et là une herbe, une bulle d’air, quelque mol ondoiement lustré, révélant la présence du plan liquide. ”
Pierre-Nicolas Gerdy, Mélanges d'anatomie, de physiologie et de chirurgie… (1875)
“ Mais un fluide dont les parties constituantes sont mobiles, comme celles de l'atmosphère et les flots de la mer, qui ne tiennent nullement les unes aux autres et ne font point corps ensemble, qui forment une foule mobile à la moindre pression, qui glissent et roulent les unes sur les autres au moindre souffle de l'air, ne me paraît pas jouir évidemment de la vie. ”
Jean Nicot,
Thresor de la langue françoise
(1606)
“ Est ce mesme que Soufflée, Efflatus. Ainsi on dit, Il a fait vne bouffée de vent, ce qui se prend pour impetuosité de vent, inopiné & de peu de durée, Repentinus venti flatus. Et combien que ce terme soit proprement appliqué au vent, si dit-on vne bouffée de feu, Ignis euomitus vel euomitio, parce que l'air est meslé parmy le feu. Et quant au mot, il est par raison d'onomatopoee, & represente tant le son du vent, qui vient à bouffées, que de la flamme bouffant ainsi que de la bouche de l'homme quand il bouffe, c'est à dire souffle ou le feu ou la poudre, ou autre chose. ”
A. de Quatrefages,
Revue des Deux Mondes
“ À la moindre agitation, cette couche demi-fluide se délaie. Aussi le long des côtes l’eau est-elle toujours trouble ; au plus léger souffle de vent, elle devient terreuse et prend aux yeux quelque chose de solide. ”
Georges-Louis Leclerc de Buffon,
Œuvres complètes de Buffon, éd…
“ Mais toutes ces masses de terre en tombant dans l’abîme entraînèrent une grande quantité d’air, et elles se heurtèrent, se choquèrent, se divisèrent, s’accumulèrent si irrégulièrement, qu’elles laissèrent entre elles de grandes cavités remplies d’air ”
Émile Desbeaux,
Les parce que de mademoiselle Suzanne
(1882)
“ A présent, je ferme le soufflet. La cavité, se rétrécissant, force l'air à se déloger. — Ce sont nos côtes qui s'abaissent et qui expulsent l'air de nos poumons ? — Assurément, tu as compris. — Oui, dit Adallah, et on entend le bruit de l'air qui entre et qui sort. — Comme on entend le bruit de l'air qui entre et qui sort de notre poitrine quand nous respirons ou expirons fortement. — Et le tuyau de cuivre, peut-on supposer que c'est la trachée-artère ? ”
Achille Segard, Le Mirage perpétuel
“ De vivre ainsi qu’on meurt, immobile et blasé. Le fleuve comme un lourd serpentement de fièvre Passe au loin taraudant ses rives sans roseaux, Le soleil met du feu liquide dans ses eaux Et tue autour de lui les chevreaux et les chèvres. Que m’importe la vie et son stérile effort ? ”
Frédéric Mouisset, De la sensation de flot dans les épanchements pleuraux (1887)
“ En général, on constate du même coup deux symptômes d'épanchement, la matité et la sensation de flot. Mais, quelquefois, le phénomène du flot est si manifeste et si facile à mettre en évidence, qu'on peut le percevoir avant d'avoir constaté la matité. ”
Nangala Pierre Camara, Monotonie (1982)
“ Flot pétillant, flux en émulsion ; Fleuve espiègle, fleuve d'impulsions ; Qui davantage inonde le monde, Qui noie la planète moribonde. Parfum tiède, senteur enivrante, Fadeur triste, fadeur encombrante, Qui livre une odeur nauséabonde, Qui déploie son voile immonde. ”
Jonathan Swift,
Les Voyages de Gulliver
(1726)
“ Il avait un grand soufflet, dont le tuyau était d’ivoire ; c’était en insinuant plusieurs fois ce tuyau dans l’anus, qu’il prétendait, par cette espèce de clystère de vent, attirer tous les vents intérieurs, et purger ainsi les entrailles attaquées de la colique : il fit son opération sur un chien, qui par malheur en creva sur-le-champ ; ce qui déconcerta fort notre docteur, et ne me fit pas naître l’envie d’avoir recours à son remède. Après avoir visité le bâtiment des arts, je passai dans l’autre corps-de-logis, où étaient les faiseurs de systèmes par rapport aux sciences. ”
Charles Cros,
Le fleuve
(1874)
“ Seul , le Fleuve ne rit pas sous les chalands ventrus et lourds . D' ailleurs , en bas , l' égoût vomit l' eau noire aux affreuses écumes , roulant des vieux souliers , des débris de légumes , des chiens , des chats pourris qu' emmène le courant , souillure sans effet dans le Fleuve si grand dont la lune , œil d' argent , paillette la surface . ”
Charles Hervier, Théorie du mesmérisme (1818)
“ L'eau qui bouillonne dans un vase sur le feu, ou dans un bassin exposé au gros vent, donne l'idée des douleurs que cause le mouvement du fluide subtil, lorsqu'il y a un combat entre les courans entrans et les courans sortans. ”
Jean Macé,
Lettres d'un garde national à son voisin…
(1848)
“ En même temps nous y rentrons sans secousse, sans irruption, sans marée montante; le flot s'écoulera par une infiltration successive, individuelle, et un filtre, vous le savez, cela clarifie. Nos rangs demeurent ouverts aux petits comme aux grands : ce qui est impur seul en est repoussé. ”
Henri Hervé de Lavaur, Traité élémentaire d'agriculture pratique (1849)
“ Si l'enflure résiste à ces moyens, et que l'animal semble devoir succomber, il faut percer la panse au flanc gauche entre la hanche et la dernière côte à l'endroit le plus saillant de l'enflure, et l'air se dégage aussitôt. ”
Théophile Gautier,
Les Vacances du lundi. Tableaux de montagnes…
(1881)
“ Il vous semble que cette chute vous attire , vous entraîne et vous emporte comme une paille au vent de son tourbillon . Ce qui étonne , quoique bien naturel , c' est cette vague toujours remplacée par une vague , ce flot que pousse un autre flot , cette continuité torrentueuse et vertigineuse . ”
Frédéric Mouisset, De la sensation de flot dans les épanchements pleuraux (1887)
“ Tandis que l'ébranlement du liquide fait vibrer dans son ensemble la paroi thoracique, le déplacement de la graisse ou des muscles ne produit qu'un frémissement léger et superficiel, que l'habitude fera différencier de la sensation de flot. ”
Collectif, Journal de physique, de chimie…
“ Je m’aperçus clairement que le fluide qui causa la commotion que je ressentis dans le lieu où je me trouvois, arrivoit à moi à travers la masse du sol, me pénétroit et occasionnoit en moi une sensation sourde et particulière, très-distincte de celle que le bruit qui se progageoit à travers l’air vint opérer sur mon ouïe. ”
Stanislas de Guaita,
Rosa mystica
“ Le souffle d’une bouche Invisible courut, froid, par le firmament, Où pâlirent les fleurs de lys soudainement, Comme on voit vaciller, vers la fin des orgies, (Quand passe un courant d’air.) la flamme des bougies. ”
Charles Delvert, Carnets d'un fantassin (3e mille… (1935)
“ A travers l'air lourd, irrespirable de poussière et de fumée, ce ne sont que des glissements invisibles, des sifflements, des rugissements, des craquements effroyables d'où jaillissent des flammes; et cela, inlassablement. ”
Julia de Fontenelle, Manuel complet des fabricans de chapeaux en tous genres
“ Fluide élastique qui, abstraction faite de toutes les exhalaisons et vapeurs, etc., qu'il contient, enveloppe de toute part le globe terrestre, s'élève à une hauteur inconnue, pénètre dans les abîmes les plus profonds, fait partie de tous les corps, et adhère à leur surface. ”
Édouard Pilastre, Petit Glossaire des lettres de Madame de Sévigné
“ Ménage définit bouffer: Souffler à puissance d'haleine et les joues enflées. Les médecins, écrit Furetière, appellent bouffe la partie inférieure de la joue, qu'on enfle de vent quand on veut.BOUFFÉE, VII, 73. «Nous avons une petite bouffée d'hombres et de reversis.»Bouffée: Mouvement à intervalles, flot. Hombres et reversis: jeux de cartes en usage au XVIIe siècle. ”
Thomas Henry Huxley,
Physiographie, introduction à l'étude de la nature…
(1892)
“ Fluide, de fluo, couler, dénomination qui comprend à la fois les liquides et les gaz ou vapeurs, parce que les molécules de ces deux espèces de corps glissent ou coulent librement les unes au-dessus des autres. que sur le plancher et sur chaque mur que sur le plafond. Dans les conditions ordinaires, l'atmosphère ne peut écraser, parce que la pression qu'elle exerce de haut en bas est exactement neutralisée par celle qu'elle exerce de bas en haut. ”
Jean Jaurès,
De la réalité du monde sensible
(1892)
“ Le bruit mélancolique, monotone et puissant d’une chute d’eau traduit bien à l’oreille cette sorte d’existence confuse du fleuve où aucune goutte ne peut vivre d’une vie particulière distincte, où tout est entraîné dans le même mouvement et dans la même plainte. ”
Joseph-Henri Reveillé-Parise, Traité de la vieillesse hygiénique… (1853)
“ Nous sommes, dit-il, réellement et physiquement comme un fleuve dont toutes les eaux coulent dans un flux perpétuel. C'est le même fleuve par son lit, ses rives, sa source, son embouchure, par tout ce qui n'est pas lui ”
