Félix Servan

Élements biographiques

Félix Servan Claudia, ou Les prières d'une jeune fille (1833)

Anselme lui saisit le bras :
— « II me faut Octavie! » Georges prit le crâne.
— « Qu'avais-je rêvé? que voulais-je tout-àl'heure? Du bonheur, une femme, Amélie ?... Amélie!... ô horreur! encore des flammes, encore des os; c'est l'enfer! O pitié! pardonne! pardonne !... Mais non, ce n'est plus un songe : qu'est-ce que j'entends ? une pure mélodie qui roule dans la brise, qui meurt sur la rive de la Seine ! Une voix, un nom ! Oh ! c'est elle! je la vois venir. Claudia! Claudia!... O horreur ! c'est un crâne ! »
Source : Gallica

Félix Servan Claudia, ou Les prières d'une jeune fille (1833)

Georges leva lentement ses regards;
— «Mais qu'as-tu donc, Anselme ? n'ai-je pas assez souffert? Ton souvenir est là, vois-
383 tu ? là, dans ce cerveau brisé : n'est-ce pas assez? Pourquoi m'accabler de ta présence? me suivras-tu sans cesse ?
— C'est la dernière fois, tu le sais bien! et, cette fois.... tu touches à une heure fatale, tu sens devant toi le néant ou l'éternité; c'est l'heure des remords, du doute, de l'espoir ou de la crainte!... Georges, n'as-tu plus aucun souvenir pour Amélie ? »
C'en était trop pour un mourant; avec le cri qu'il poussa, s'envola sa raison.
Source : Gallica

Félix Servan Claudia, ou Les prières d'une jeune fille (1833)

Tout me plaît, mon bon ange ! tout, jusqu'à cet amour qui suffoque, qui tue! Je te cherche comme dans un nuage, Anselme! car ma vue se trouble, et je t'aime, et je te sens près de moi!... Oh! que tout est pur, tout est vague, tout est beau ! Ton silence qui me plaît, qui m'attache, nos regards voilés qui se cherchent, nos mains unies, nos cheveux qui se mêlent ! Oh ! te voir, te toucher, te savoir mon ami, rester ton amie, tout cela, c'est retirer trop de force physique pour prendre trop de force d'âme ; ce n'est plus la femme, ce n'est plus l'homme
Source : Gallica

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