J.-Augustin Léger

Élements biographiques

J.-Augustin Léger La Revue de Paris

Le Mahatma, qui volontiers reprocherait au Christ de n’avoir pas été assez Christ, est-il sûr de réussir, mieux que le Christ, à faire régner du jour au lendemain parmi les hommes la loi d’amour et de fraternité, sans parler de toutes les autres vertus chrétiennes ou védiques ? C’est sous tous les climats le miracle des miracles, la condition et la clé de tous les autres ; la sagesse hindoue elle-même n’en possède pas le secret ; il n’a été donné de le découvrir ni à la noblesse d’âme, ni au zèle de charité, ni aux prières, ni aux austérités, ni aux souffrances de Gandhi.
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J.-Augustin Léger La Revue de Paris

Pour Gandhi, la vérité est en arrière : nous lui tournons le dos. Expert autant que n’importe qui à se servir, au profit de sa cause, de toutes les inventions les plus modernes, il les condamne toutes cependant, presse, chemins de fer, télégraphes, téléphones. Il veut restaurer la vie simple, qui est aussi la vie vertueuse. Lui objectez-vous que l’Inde, abandonnée à elle-même, ne sera pas de taille à se défendre ? Il vous dira qu’aucun danger ne saurait la menacer dans les hauteurs spirituelles où elle se sera élevée.
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Alors, pourquoi l’Inde seule ne se verrait-elle pas respecter ?
Par une série d’amendements à la loi sur les Asiatiques, le Transvaal, en 1907, obligeait les Indiens à se faire inscrire sur les registres de police, où l’on prenait l’empreinte de leur pouce ; les empêchait de circuler librement, de passer d’un État dans l’autre ; limitait le nombre d’immigrants à admettre, leur interdisait d’amener leurs femmes, les frappait d’un impôt spécial de trois livres sterling par tête, quand ils séjournaient dans le pays au delà de la durée du contrat de travail qui les y avait introduits.
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