Léon Renard

Élements biographiques

Léon Renard Les phares (1867)

Le vent soufflait dans toute sa rage ; quoique voilé , le ciel laissait glisser à travers les nues la pâle lumière de la lune . Je me tenais près d' une croisée que j' avais ouverte pour que la brise me rafraîchît le visage , la fièvre m' avait porté le sang à la tête . Je suivais de l' œil les vagues qui se brisaient contre le rocher : je les voyais grossir , former des masses énormes , fondre sur l' écueil avec le bruit du tonnerre et le poids d' une avalanche , puis se retirer en nappes d' écume phosphorescente .
Source : Gallica

Léon Renard Les phares (1867)

C C' est que chaque phare a sa langue ; c' est que chacun parle à sa façon au navigateur qui le consulte d' un regard inquiet . Celui-ci annonce un port , et celui-là un écueil . Tel s' aperçoit à 2 7 milles et tel autre n' est perceptible qu' à 5 milles 1 . Tel est fixe , et rayonne sans cesse , comme une brillante étoile ; tel , plus mystérieux , émerge subitement de la nuit , projette au loin son éclat bienfaisant et s' éteint tout à coup pour reparaître quelques moments plus tard , radieux , sur l' horizon . Tous enfin n' ont pas la même couleur .
Source : Gallica

Léon Renard Les phares (1867)

Ce que nous y voyons d' abord , c' est la lampe . Comme le feu qui brille au front de l' édifice est l' âme du phare , la lampe est l' âme de l' appareil . Aussi est -ce d' elle que s' occupa Teulère , lorsqu' il perfectionna le système catoptrique , et est - ce d' elle encore que s' occupèrent Arago et Fresnel , lorsqu' ils eurent à perfectionner à leur tour l' œuvre de Teulère , d' Argant et de Borda .
Source : Gallica

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