Docteur Pierre Rey

Résumé

Docteur Pierre Rey Courbet aux Avant-Postes

Car, à l’encontre de ce que l’on croit en général, par don génial, Courbet aimait le beau pourvu qu’il fût bien nature, il le savourait de son œil fin aux belles paupières, mais son système, comme un faux-nez, empêchait souvent cet œil si bien doué d’y voir clair.
Courbet, au lieu de se fâcher, enleva galamment la pipe de ses grosses lèvres rouges, sourit et dit plaisamment : « Puisque les femmes s’en mêlent, il n’y a plus de gloire, eh bien ! j’irai tout de même. »
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Docteur Pierre Rey Courbet aux Avant-Postes

Quelle chose atroce que la guerre en détail ! On rit, on plaisante, tandis que le pauvre diable, plus mort que vif, se fait petit, se ratatine derriere son frêle abri, se colle à l’écorce comme un écureuil qui voit le chasseur. De temps en temps, la peur lui fait faire des oscillations, et chaque fois que l’on perçoit le bruit mat de la balle entrant dans le bois, il est agité d’un soubresaut et montre un bout de coude ou d’épaule.
C’était un spectacle des plus cruels et des plus émouvants ; peut-être le vieux saule était-il creux et les balles pourraient-elles finir par le traverser ?
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Docteur Pierre Rey Courbet aux Avant-Postes

« Vous avez peur, monsieur Courbet... Vous avez peur, voilà pourquoi vous n’y allez pas aux avant-postes. Eh bien ! moi j’y suis allée, j’ai entendu de près siffler les balles et les obus, j’ai vu des Prussiens au bout de ma lorgnette, et je voudrais y retourner. »
Celle qui parlait ainsi était une ravissante jeune femme, adorablement mignonne et jolie, que l’œil d’éléphant lorgnait artistiquement depuis longtemps et dont il nous eût laissé quelque portrait exquis, si la guerre civile et l’exil n’eussent pas foudroyé l’artiste.
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