G. Dubois-Desaulle

Résumé

G. Dubois-Desaulle Les « Cocos »

D’un caractère doux, tranquille, un peut naïf même, Laffond supportait patiemment toutes les rebuffades, tous les sévices. Savait-il seulement pourquoi on l’avait envoyé aux Cocos ? Si les gradés le brutalisaient, c’est qu’ils connaissaient leur victime et la savaient incapable de révolte. Cependant, quelque temps avant cette soirée, Laffond avait eu une velléité de résistance : indûment commandé pour la corvée, il s’était enfui et avait fait punir le caporal Bernard, chef de corvée, de huit jours de salle de police : Bernard conçut dès lors contre Laffond une haine terrible.
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G. Dubois-Desaulle Les « Cocos »

Ils visitèrent la première cellule, puis la prison, enfin la deuxième cellule, qui renfermait quatre prisonniers, parmi lesquels Laffond.
Après avoir fouillé les hommes d’une façon ignoble — selon leurs coutumes, — puis tous les coins et recoins du local, ils cachèrent le falot derrière la porte et se ruèrent sur Laffond qui n’avait ni fait un geste, ni dit un mot. Les nerfs de bœuf, les crosses de revolver, les pieds, les poings s’abattirent sur l’homme que la barre de justice immobilisait.
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G. Dubois-Desaulle Les « Cocos »

Le disciplinaire Zieger étant à la corvée de charbon, le sergent Morati lui dit : « — Marquis, tu as de gros bras ! si tu veux faire la lutte, je te retournerai avec mon petit doigt ! — Naturellement, répond Zieger ; vous ne crevez pas de faim. — Viens dans la chambre. — Non. — Marquis, tu ne reverras pas Paris, je te ferai tourner. — Vous n’oserez pas. — Tu verras. »
Quelques jours après ce dialogue expressif, Zieger se chargea d’acheter une paire d’espadrilles pour deux punis de prison, Boissel et Baptiste, qui lui remirent l’argent nécessaire, un franc cinquante.
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