Résumé

Charles Vallier Un pénitencier indigène en Algérie

Le huitième jour — la huitième nuit, plutôt — le sergent surprit un disciplinaire qui apportait à l’indigène un reste de soupe et quelque morceau de pain. Le disciplinaire fut mis sous le « tombeau », et Coulomb plaça en sentinelle, à la porte des latrines, un tirailleur armé. Cela dura huit jours encore. L’homme vivait toujours. Enfin, Coulomb connut le secret de cette endurance extraordinaire qu’il attribuait à un manque de vigilance ou à une complicité des sentinelles.
Source : Wikisource

Charles Vallier Un pénitencier indigène en Algérie

Il est vrai que j’ai vu maintes fois les fusiliers disciplinaires, malgré la défense qui leur en avait été faite et les punitions graves qu’ils encouraient s’ils étaient surpris, partager charitablement, en cachette, leurs gamelles avec les condamnés indigènes.
Près des tirailleurs qui gardaient les détenus au chantier, un disciplinaire dirigeait le travail, un bâton à la main. Cet homme sans pitié s’acquittait en véritable garde-chiourme de ses fonctions de surveillant et de délateur.
Source : Wikisource

Charles Vallier Un pénitencier indigène en Algérie

L’un d’eux — un grand Arabe sourd-muet du cercle de Laghouat, nommé Abd El Kader — avait ainsi les fers aux pieds depuis onze mois. Le métal des anneaux était entré peu à peu dans ses chairs meurtries et couvertes d’ulcères syphilitiques ; et chaque pas, chaque mouvement arrachaient au misérable une plainte douloureuse. À la fin, pourtant, l’adjudant Royer, apitoyé, le dispensa de se rendre au chantier commun avec ses compagnons, et l’employa à un travail bénin de jardinage.
Les détenus indigènes ne reçoivent ni fourniture de couchage, ni costume spécial.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature