Charles Vallier

Élements biographiques

Charles Vallier Les Conseils de guerre et la Justice militaire

La peine des travaux publics offre cet avantage précieux qu’elle n’expose pas des militaires, chez qui le sentiment de l’honneur est vivant, au contact d’hommes déjà pervertis. Le coupable garde, dans ces ateliers, ses habitudes d’activité, au lieu de languir dans le repos honteux et stérile de la prison ; on l’y emploie à des travaux qui, sans dégrader l’âme, fatiguent le corps et domptent la volonté...
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Charles Vallier Un pénitencier indigène en Algérie

C’était alors au sergent Coulomb et au caporal Perrin, aidés du forgeron du détachement et de deux ou trois hommes, qu’incombait ordinairement cette besogne. Malgré les pouvoirs dont il disposait, l’adjudant Royer n’avait pu s’affranchir de toute sensibilité, et s’il lui arrivait parfois de briser quelque canne sur le dos des indigènes, je l’ai vu, en d’autres circonstances, faire preuve à l’égard des détenus de véritables sentiments d’humanité. Il préférait laisser à l’imagination du sergent Coulomb et du caporal Perrin le soin des punitions corporelles et des tortures inédites.
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Charles Vallier Les Conseils de guerre et la Justice militaire

Il faut avoir vécu dans ces camps effroyables pour imaginer ce que peuvent souffrir les malheureux que le sort y a conduits. Mais, au milieu, de toutes les tortures physiques et morales, un désespoir surtout domine : celui de jamais échapper peut-être (tant est facile la plainte qui fera augmenter de quelques années par le conseil de guerre la peine actuelle) à ses bourreaux, et aussi une sensation d’irrémédiable abandon, d’isolement, d’éloignement de tout secours et de toute pitié, qui bientôt prime les misères plus précises, envahit l’être à l’exclusion de toute autre pensée, rend fou.
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