Résumé

Charles Vallier Les Conseils de guerre et la Justice militaire

La peine des travaux publics offre cet avantage précieux qu’elle n’expose pas des militaires, chez qui le sentiment de l’honneur est vivant, au contact d’hommes déjà pervertis. Le coupable garde, dans ces ateliers, ses habitudes d’activité, au lieu de languir dans le repos honteux et stérile de la prison ; on l’y emploie à des travaux qui, sans dégrader l’âme, fatiguent le corps et domptent la volonté...
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Charles Vallier Les Conseils de guerre et la Justice militaire

Il faut avoir vécu dans ces camps effroyables pour imaginer ce que peuvent souffrir les malheureux que le sort y a conduits. Mais, au milieu, de toutes les tortures physiques et morales, un désespoir surtout domine : celui de jamais échapper peut-être (tant est facile la plainte qui fera augmenter de quelques années par le conseil de guerre la peine actuelle) à ses bourreaux, et aussi une sensation d’irrémédiable abandon, d’isolement, d’éloignement de tout secours et de toute pitié, qui bientôt prime les misères plus précises, envahit l’être à l’exclusion de toute autre pensée, rend fou.
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Charles Vallier Les Conseils de guerre et la Justice militaire

Chaque commandant d’établissement de détention militaire peut louer, aux colons ou aux chefs d’entreprise qui lui en font la demande, le nombre de détenus nécessaires à l’exécution de telle ou telle besogne. Et ces colons ou ces chefs d’entreprise ont tout avantage à user de cette main-d’œuvre préférablement à celle des ouvriers civils de la colonie : le prix moyen de location d’un détenu militaire varie entre un franc vingt-cinq et un franc soixante par jour, alors qu’un ouvrier civil demanderait pour les mêmes travaux un minimum de salaire de cinq francs.
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