“ Venez civiliser l’Afrique... Et il est parti, et son brick a fait fortune dans la baie orageuse de Sidi-Ferruch, où il a passé comme un Ariel, un bienfaisant esprit des eaux. — Puisse le philantropique M. Hennequin avoir fait fortune comme son brick ! Mais voici Staoueli. On se bat. Les soldats de la fatalité ébranlent un moment ceux qui ne sont plus soldats de la foi, mais de l’honneur toujours. Un colonel crie au drapeau ! sauve son régiment, commence la victoire. ”
Staoueli
Définition et enjeux
Citations sur “Staoueli”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ STAOUÉLI, 88 « Se le pansay, Dieu le guarit. » Le docteur est un grand et beau jeune homme de vingt-cinq à vingt-huit ans. Il a le teint d'une mate blancheur qui fait ressortir le limpide azur de ses yeux. Il est de taille moyenne, bien cambré, fin et robuste ; l'air doux et résolu ; l'épaule large, les extrémités minces. Il y a en lui un mélange de grâce et de force d'un effet irrésistible. Le pinceau ne trouverait pas un ovale plus parfait que celui de sa figure. Mais cette beauté corporelle n'est rien auprès de la beauté de son âme. ”
Le Révérend Père Dom François Régis… (1880)
“ Les travaux, la fondation du monastère de Staouëli, la grande œuvre à Rome de la Trappe de SaintPaul aux Trois-Fontaines, ses fonctions de procureur général de son ordre, qu'il remplit avec tant de prudence, de talent et de douceur, le cœur si loyal, si bon, si droit, qu'il lui attira un si grand nombre de véritables amis. Mais je ne puis dans ces quelques lignes retracer une vie si pleine de mérites et de vertus également précieux à l'Eglise et à la Patrie. Une main, je ne dirai pas plus dévouée, mais plus exercée, nous montrera dans tout son éclat une si noble existence. ”
Le Révérend Père Dom François Régis… (1880)
“ Après la cérémonie, le R. Père abbé de Staouëli offrit a ses nombreux invités un modeste et frugal repas. Tous quittèrent le monastère de Staouëli dans la soirée, et nous-mêmes nous reprîmes, sur l'Immaculée-Conception, la route si chère à nos cœurs de la mère patrie. La mer était calme, et, après trente-six heures de traversée, nous débarquions enfin sur la terre de France. ”
Barchou-Penhoën, Revue des Deux Mondes
“ En face de nous était une vaste plaine aboutissant à une pente rapide couronnée à son sommet par de l’artillerie qui défendait le camp de Staoueli. On ne pouvait songer à faire rétrograder les troupes venues là, sans abattre leur ardeur, sans relever celle de l’ennemi. Le général en chef le sentit aussitôt qu’il vit l’état des choses. Dans une sorte de conseil de guerre qui se tint au sommet d’une colline où il se plaça pour juger de la position que nous avions prise, où il demeura pour suivre nos mouvemens, il fut décidé qu’on poursuivrait le succès de la journée. ”
Alfred Monbrun, La Trappe de Staouëli, par Alfred Monbrun… (1869)
“ Du réfectoire, l'Empereur est monté au dortoir, d'où, après avoir palpé de la main la dureté des couches, Sa Majesté a vu une partie des cultures, des vignes, des jardins et des orangeries, l'étendue du mur d'enceinte, le champ de bataille de 1830, l'emplacement du camp de Staouëli et la redoute qui le domine, aujourd'hui converti en cimetière, l'œil s'étendant de là jusqu'à la mer et jusqu'à Sidi-Ferruch, point du débarquement. ”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ La nuit arrive calme et sereine. Le ciel pur se parsème d'étoiles, la lune brille doucement sur les flots, -et sa lumière argentée fait resplendir les baïonnettes. Aux premières lueurs du matin, des Kabyles, puis des fantassins arabes conduits par des cavaliers turcs, couronnent le plateau de Staouéli. Ce plateau, d'un assez grand développement et qui s'élève à cent cinquante mètres au-dessus du. niveau de la mer, était couvert d'une végétation active et sillonné par plusieurs ruisseaux. ”
Octave Teissier, Napoléon III en Algérie, par M. Octave Teissier… (1865)
“ Le village de Staouéli, situé à 18 kilomètres d'Alger, entre Chéragas et Sidi-Ferruch, a été fondé le 25 mars 1855, sur l'emplacement même où l'armée française, qui venait de débarquer, livra, le 19 juin 1830 , sa première bataille contre les troupes du Dey d'Alger. Créé depuis dix ans à peine, ce centre de population compte déjà plus de 300 habitants. Son territoire est cultivé en grande partie, et tous les jours les défricheurs font de nouvelles conquêtes sur les broussailles et les palmiers nains. ”
Clara Filleul de Pétigny, L'Algérie, par Mlle Clara Filleul de Pétigny… (1846)
“ Après plusieurs combats sanglants, l'armée française est voisine du camp de Staoueli ; bientôt il lui apparaît avec les groupes de tentes irrégulières : notre artillerie , nos fusées à la congrève y jettent le trouble et l'effroi : Turcs et Arabes, abandonnant tout, s'enfuient pêle-mêle et se précipitent sur la route d'Alger. Les Turcs, qui, jusqu'alors avaient été les premiers aux combats et s'étaient montrés dignes de la domination qu'ils avaient exercée dans ce malheureux pays, ne se distinguent plus que par la rapidité de leur fuite. ”
Le Révérend Père Dom François Régis… (1880)
“ La messe d'inhumation commença à dix heures; Monseigneur l'archevêque assistait au trône, et le R. Père abbé de Staouëli chantait la grand'messe. Le cercueil du R. Père Dom François Régis était exposé dans le chœur de l'église; un grand nombre de cierges brûlaient autour. Le magnifique drap mortuaire de velours noir avec galons et franges d'or, était dû à la piété de Mme la comtesse de Mesnard qui, jusqu'au delà des mers et à l'entrée du tombeau, avait voulu que cette chère dépouille fût environnée d'honneurs et de respect. ”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ Les moines de Staouéli, qui s'intitulent euxmêmes les pauvres du Christ, «pauperes Christi, » aiment les pauvres, s'empressent de les nourrir, de leur donner des vêtements, et leur porte n'est STAOUÉLI. 29 jamais fermée, non-seulement à l'indigent, mais à toutes les âmes fatiguées de la vie, courbées sous le poids de leurs fautes, ou simplement éprises de l'étude et du silence. A tous ces hôtes divers le Trappiste offre sa paix et la partage avec eux. A peine a-t-on pénétré sous le vaste porche de la Porterie, que deux autres sentences viennent invinciblement attirer aussi nos regards. ”
Armand Jehannot Bartillat, Relation de la campagne d'Afrique en 1830 et des négociations qui l'ont précédée… (1832)
“ Pour tous ceux qui ont pris part au combat de Staouéli, la question paraîtra décidée entre l'ancien et le nouveau système. Le feu des batteries qu'avait construites l'ennemi en avant de son camp, n'arrêta pas un moment nos troupes. Les huit pièces de bronze qui les armaient furent enlevées par le 20e régiment de ligne. Les Turcs et les Arabes avaient pris la fuite de toutes parts ; leur camp tomba en notre pouvoir ; quatre cents tentes y étaient dressées ; celle de l'aga d'Alger, des beys de Constantine et de Tittery sont d'une grande magnificence. ”
A. Bussières, Revue des Deux Mondes
“ Là chacun enterre les siens où il veut, et souvent le lendemain la mort l’emporte lui-même avec son secret. Un matin, vers trois heures et demie, j’ouvrais ma fenêtre à Staouéli. Le jour s’annonçait à peine; l’air était frais et vif, et je contemplais, avec l’imagination plus encore qu’avec les yeux, les cimes embrumées de l’Atlas par- dessus la chaîne des coteaux d’Ouled-Fayet, de Saint-Ferdinand et de Maëlma. Bientôt les formes d’une charrette se dessinent sur la route de Koléah, qui traverse la concession des trappistes, et passe à quelque cent pas du monastère. ”
Charles Thoumas,
Autour du drapeau : 1789-1889…
(1889)
“ Les retranchements furent enlevés à la fois à droite, au centre et à gauche par l'infanterie ; le général de Lahitte porta alors ses quatre batteries en avant, au grand trot, afin de poursuivre l'ennemi; ce mouvement changea en déroute la retraite des Algériens. L'armée occupa le camp de Staouéli, où elle trouva un immense butin. La perte de la journée avait été de 530 hommes seulement. Après la bataille de Staouéli, l'armée française fut encore une fois immobilisée par la nécessité d'attendre les moyens de transport; cette inaction rendit le courage aux troupes battues à Staouéli. ”
Alphonse-Michel Blanc, Prêtres et soldats (1887)
“ LES TRAPPISTES A STAOUELI. Le 19 août 1853, quelques religieux trappistes arrivaient dans la plaine silencieuse et déserte de Staouëli, appelés par Mgr Dupuch, auquel les intérêts matériels de la colonie n'étaient pas moins chers que ses besoins religieux. L'évêque d'Alger réalisait cette parole de l'archevêque de Bordeaux du haut des collines d'Hippone : « Et « maintenant, si la civilisation doit refleurir dans ces « lieux, si l'Arabe doit apprendre à cultiver cette terre « qu'il foule d'un pied stupide, ce seront des religieux « qui le lui apprendront, ce seront les Trappistes ! » ”
Jean-Joseph-François Poujoulat,
Voyage en Algérie : études africaines…
(1868)
“ Plus tard, si les ouvriers cénobites ne manquent pas à la riche moisson africaine, un second monastère de la Trappe pourra s'élever dans les lointaines profondeurs de nos possessions. Les Trappistes de Staouéli, placés sous l'invocation de Notre-Dame de Staouéli, ont pris possession de leur solitude depuis le mois de septembre 1843. Quelques-uns ont péri martyrs de leurs travaux sur une terre nouvelle. A mesure que la culture se poursuivra, Staouéli gagnera en salubrité, et la mort ne viendra pas interrompre tant de saints et laborieux efforts. ”
Achille Fillias, Géographie physique et politique de l'Algérie… (1873)
“ Les Algériens commencèrent le feu, et leur artillerie causa tout d'abord quelque désordre. Il fallait la réduire : la première division (général Berthezène) se porta rapidement sur les redoutes et les enleva ; les Turcs, culbutés sur tous les points, s'enfuirent vers le plateau de Staouéli, laissant au pouvoir des vainqueurs onze canons et deux moniers. — Notre perte se bornait à 35 hommes tués ou blessés. Staouéli, — village et fermes à 11 kil. ”
Le Révérend Père Dom François Régis… (1880)
“ Une cérémonie funèbre a eu lieu avant-hier dans l'église nationale de Saint-Louis des Français, pour le repos du Rmc P. Dom François-Régis de Martrin, abbé et procureur général de la Trappe, décédé à Montauban le 13 de ce mois. L'illustre défunt laisse des œuvres qui lui survivront. Il a fondé, en Afrique, le magnifique établissement de Staouëli, et, à Rome, l'abbaye des Trois-Fontaines. ”
Claude-Antoine Rozet, Relation de la guerre d'Afrique pendant les années 1830 et 1831… (1832)
“ Ce jour-là, au lever du soleil, nous vîmes plusieurs tentes sur le plateau de Staoueli à une lieue en avant de la ligne. * Quelques groupes de cavaliers vinrent attaquer les avant-postes, et il s'établit une guerre de tirailleurs qui dura peu, et n'eut d'autre effet que de nous blesser quelques hommes. Cependant à la gauche, une compagnie du 29e fut assez vivement engagée avec les Arabes ; mais le feu des bricks dirigé sur ce point, dispersa bientôt l'ennemi. ”
Eugénie Dutheil de La Rochère, L'Aumônier du régiment, ou La Conquête d'Alger… (1876)
“ Les Algériens essaient de défendre au moins le camp de Staouéli, sur lequel ils s'étaient portés avec précipitation ; mais, pressés sur tous les points par la valeur française, ils cherchent leur salut dans la fuite, abandonnant leurs munitions, leurs chameaux et leurs bagages, et, le soir de ce même jour, les divisions Berthézène et Loverdo s'installaient dans la position qu'on venait de conquérir, où nos troupes s'emparèrent des tentes, du tabac, du café, des eaux de senteur et des autres objets précieux qui s'y trouvaient en abondance. ”
Claude Ambroise Fernel, Campagne d'Afrique en 1830, avec un portrait du dey d'Alger le tableau de l'organisation de l'armée et un plan des travaux de siège… (1831)
“ Les tribus arabes de l'Atlas desl. cendirent dans la plaine, et l'Aga, gendre du Dey, nommé général en chef, leur donna rendez-vous au camp de Staouëli. Toute notre attention était donc portée sur le camp de Staouëli, distant de deux lieues à-peu-près de nos retranchements. Le nombre de tentes y augmentait sensiblement; des nuages de poussière indiquaient constamment l'arrivée de troupes fraîches, et plusieurs ouvrages en terre, qu'on distinguait parfaitement avec la lunette, et auxquels l'ennemi travaillait avec beaucoup d'activité, indiquaient l'importance qu'il attachait à cette position. ”
Pierre Jean Corneille Debreyne, Colonie agricole monastique, fondée à la Grande-Trappe… (1856)
“ Le monastère de Staouëli est peut-être aujourd'hui l'établissement agricole le plus florissant de toute l'Afrique. Le Grand-Turc lui-même, a appelé , il y a quelques années, des Trappistes pour apprendre l'agriculture aux musulmans. ”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ On conçoit sans peine ce que doit être Biskra sous l'influence d'une chaleur pareille. Les arbres sont dépouillés de leur verdure, la terre est calcinée, crevassée. Un silence de mort règne sur 108 STAOUÉLI, toute la ville depuis neuf heures du matin, moment où on sonne la retraite, jusqu'à trois heures, instant où le clairon donne le signal du réveil. ”
A. Bussières, Revue des Deux Mondes
“ L’établissement de la Trappe à Staouéli a été la providence de cette route de Koléah par le Sahel et des villages des environs. Les mains de ces hommes. qui manquaient de tout, étaient devenues comme le grenier de la misère. ”
Léon Gauthey, Petit Journal d'Afrique. Quarante jours dans la Tunisie et l'Algérie… (1893)
“ Mgr Perraud ne pouvant rendre au R. P. Abbé de Staouéli la visite promise, veut bien m'y envoyer. La voiture gagne le sommet de la ville, traverse la Kasba, dépasse le fort l'Empereur et atteint les beaux plateaux du Sahel. La végétation y est puissante et l'on a plaisir à traverser de grands champs de blé, des pâturages et des vignes superbes. Au milieu de tout cela des villas, des fermes bien bâties, encadrées dans les eucalyptus. Plus de gourbis arabes ! On se croirait dans nos campagnes de France. La Trappe de Staouéli n'a aucun aspect extérieur. ”
Paul Thureau-Dangin,
Histoire de la monarchie de Juillet…
“ Staouëli montrait ce qu'avec beaucoup d'énergie et de persévérance on pouvait faire du sol algérien. L'enseignement venait fort à propos, en présence du découragement que tant d'autres insuccès devaient produire. Toutefois, les conditions de cette entreprise monacale étaient trop exceptionnelles pour qu'on y trouvât la solution, jusqu'alors vainement cherchée, du problème de la colonisation algérienne. Où était donc cette (p. 367) solution? Le maréchal Bugeaud croyait le savoir. ”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ Mais c'est surtout dans le chant du Salve Regina, après Complies, que les Trappistes de Staouéli se surpassent. Nous avons, dans un autre livre, essayé de. rendre la première émotion que nous fit éprouver le Salve. Maintenant encore, après bientôt quinze jours passés à la Trappe, -nous ne pouvons entendre les cent vingt cénobites du couvent chanter de toute la force de leur poitrine, de toute l'ardeur de leur foi, la triple invocation de saint Bernard « O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria, » sans éprouver quelque chose qui palpite et qui bat des ailes en nous. ”
Le Révérend Père Dom François Régis… (1880)
“ Après les cinq absoutes prescrites par le cérémonial aux obsèques des évêques, on a déposé les restes mortels du R. Père au centre du cloître où se trouve le caveau de la famille de Bellissen. De la, ils partiront pour Staouëli ; la terre d'Afrique attend son corps. Et n'est-ce pas la sépulture qui convient au R, P. Dom François Régis, lui qui, par son monastère, a été la première pierre de l'Algérie chrétienne. (Extrait du Courrier de Tarn-el-Garonne,) ”
Claude Ambroise Fernel, Campagne d'Afrique en 1830, avec un portrait du dey d'Alger le tableau de l'organisation de l'armée et un plan des travaux de siège… (1831)
“ A la Maison Carrée et dans les redoutes intermédiaires entre Staouëli et les avantpostes, la brigade Montlivault de la troisième division. Les Arabes garnissaient toutes les collines qui dominent la plaine entre Staouëli et les premières hauteurs du Boud-Jareah; on hâta les travaux des redoutes qui avaient été tracées de mille mètres en mille mètres, pour assurer la communication, et les troupes exécutèrent ces travaux avec leur zèle accoutumé. ”
Staouéli. Histoire du monastère… (1877)
“ Les moines de Staouéli, qu'il voit vivre dans la 56 STAOUÉLI. continence, la mortification, l'austère travail, exercent sur lui un tel prestige, que si un Père trappiste, — ce qui arrive bien rarement, — va dans une des tribus voisines, il y est aussitôt l'objet d'une véritable ovation. Les femmes lui présentent leurs petits enfants pour qu'ils les bénissent; les infirmes se traînent jusqu'à lui et baisent ses mains ou touchent ses vêtements, dans l'espoir d'obtenir leur guérison. ”
Jean-Alexandre Le Pays de Bourjolly, Colonisation et mode de gouvernement en Algérie… (1851)
“ Des trappistes sont venus s'établir en Afrique; ils obéissent à une seule autorité et se rapprochent de l'armée par les formes de l'exécution ; aussi leur ferme de Staoueli, à 6 lieues d'Alger, estelle un modèle de culture et d'ordre, qui prospère davantage d'année en année. ”
