A. Bussières

Résumé

A. Bussières Revue des Deux Mondes

Malgré toutes les conditions qu’il réunissait pour être un lieu extrêmement malsain, il se peupla lorsqu’on y eut établi un camp, et aujourd’hui ce village, sans égal dans l’Algérie, tout rempli de frais ombrages et d’eaux murmurantes, percé de larges rues qui, sous leurs dais de verdure, sembleraient être plutôt les ailées d’un parc, est comme le miracle d’une transformation féerique et le plus encourageant exemple de ce que la puissance de l’homme peut arracher à cette nature d’Afrique si féconde et si revêche.
La fondation du village de Boufarik remonte à 1836 ou 1837.
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A. Bussières Revue des Deux Mondes

Ce pauvre petit village, assis non loin de l’embouchure du Mazafran, dans la vallée et à deux portées de fusil de la plage, sur la route d’Alger à Koléah par Staouéli, est certainement ce qu’il y a au monde de plus pauvre, de plus fiévreux, de plus cadavéreux. Une terre galeuse y nourrit à peine une chétive, mais tenace broussaille. Les eaux qui descendent des collines voisines balaient son territoire jusqu’à ce qu’elles viennent s’arrêter contre le rempart de sable que la d’une leur oppose. Là, elles infectent la terre qu’elles n’amaigrissent plus, et elles la pourrissent sans la féconder.
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C’était une satisfaction qu’il donnait à la fois à deux instincts presque opposés, quoique très réels chez lui : sa sollicitude d’agriculteur et de gouverneur pour la colonisation, qui était son œuvre; sa partialité pour l’armée, dont il voulait faire l’élément universel et le grand pivot de la colonisation. Il disait au colon avec une bonté sincère : « Je viens à ton secours parce que je vois que tu as de la peine à te tirer d’affaire, » et en même temps, se retournant vers la France, vers l’opinion, il leur disait : « Voyez où en serait votre prétendue colonisation civile sans l’armée ! »
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