Barchou-Penhoën

Résumé

Barchou-Penhoën Revue des Deux Mondes

Ma conscience immédiate, mes propres perceptions ne sortent pas du cercle de ma personnalité. Elles ne peuvent aller au-delà des modifications qui se passent en moi. Ce que je sais immédiatement, c’est toujours moi, ce n’est jamais que moi ; ce que je sais au-delà, je ne puis le savoir que par induction. Je l’apprends de la même façon que j’ai appris l’existence des forces primitives de la nature auxquelles n’atteignaient nullement mes propres perceptions. Moi, ce que je nomme moi, ce qui est ma personne, je ne suis point la force même qui constitue l’homme : je n’en suis qu’une manifestation.
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Barchou-Penhoën Revue des Deux Mondes

Ce désir instinctif se manifeste à ta conscience ; et cette même raison qui a fait que la force elle-même t’est apparue comme ta propre personne, te porte à voir dans le désir instinctif de cette force un sentiment qui t’est personnel. Tu l’appelles amour, sympathie ; tu crois t’aimer toi-même, tu crois t’intéresser à tes actes. Mais sors des étroites limites de la conscience individuelle, porte les yeux sur l’univers entier, ose l’embrasser dans ta pensée, tu ne tarderas pas à voir qu’une vaine illusion t’a séduit.
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Le principe de causalité est donc un point de contact entre l’individu et l’univers. C’est par là que la nature va de l’un à l’autre. Mes connaissances ont pour objet ce qui relativement à moi est en-deçà ou au-delà de ce point ; en-deçà leur caractère essentiel, indélébile, est l’intuition ; au-delà, l’induction.
De la conscience de chaque individu la nature se contemplant sous un point de vue différent, il en résulte que je m’appelle moi et que tu t’appelles toi. Pour toi, je suis hors de toi, et pour moi tu es hors de moi.
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