Résumé

G. Dubois-Desaulle Le Bagne militaire d’Oléron

Presque au ras du sol, un soupirail grillagé perce la muraille. Sur la surface courbe, l’huis formidable, barré de puissants verrous, plaque sa surface rougeâtre.
Cette porte ouverte, on entre dans la geôle.
Treize marches descendues, on est au niveau du sol des cellules. L’ombre, dissipée seulement par la lueur vague d’un falot. Dès l’entrée dans l’escalier, une odeur acre, une puanteur terrible vous assaille.
Le couloir, qui commence une fois la dernière marche quittée, a 6 mètres de long et trois portes : celle des deux petites cellules et celle de la grande cellule.
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G. Dubois-Desaulle Le Bagne militaire d’Oléron

Le fait que le nombre de jours de punition infligés, d’un seul coup, à un disciplinaire ne puisse dépasser 30 jours pour la prison ou la cellule simples, 28 jours pour la prison aggravée, la cellule aggravée ou la cellule de correction — ne signifie nullement que ce temps ne puisse être dépassé : car il y a la rallonge, et les gradés qui gouvernent à Oléron savent manier cette rallonge avec une telle habileté que certains hommes restent des mois entiers à s’atrophier dans les cellules. Le règlement n’est que le point de départ d’un indéfini qui trouve sa seule limite dans la cruauté du chef.
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G. Dubois-Desaulle Le Bagne militaire d’Oléron

Or, depuis 1630, date de la construction de la citadelle d’Oléron, les casemates n’ont jamais été aérées hygiéniquement : leur disposition s’y oppose. C’est là cependant que des hommes punis, et non condamnés, sont forcés de rester : consigne perpétuelle à la chambre, sauf aux heures de travail, d’exercice ou de corvée ; aussitôt qu’ils ont achevé les besognes qui exigent leur sortie des casemates, ils y sont réintégrés et enfermés à double tour... avec leurs tinettes.
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