Gabriel Séailles

Gabriel Séailles

Résumé

Portrait de Gabriel Séailles Gabriel Séailles Revue des Deux Mondes

Ainsi la peinture mathématique, si j’ose dire, n’est qu’un moyen, elle n’a de valeur que par le sentiment de la beauté, qui lui-même n’a tout son prix que par l’œuvre où il se réalise. L’art n’est pas sacrifié à la science, qui lui est subordonnée comme le moyen l’est à la fin. Léonard proclame une fois de plus la vérité qui fait l’unité de sa vie : la pensée n’analyse ce qui est, que pour réaliser ce qui doit être ; l’objet de la science, c’est de relier l’idéal au réel par le possible.
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Portrait de Gabriel Séailles Gabriel Séailles Revue des Deux Mondes

Nul plus que lui n’a observé ce qui est, nul n’a fixé sur les choses un œil plus clairvoyant. La peinture est un art d’imitation, il veut qu’elle aille jusqu’à produire l’illusion du réel. Mais en quoi vraiment consiste l’imitation ? à répéter les choses qu’on a sous les yeux ? La pauvre ambition ! Il s’agit « de se convertir en la nature, » à force d’étudier les procédés selon lesquels elle fait apparaître et construit les corps. Vivantes dans l’esprit, les observations du savant deviennent les habitudes de l’artiste. Le peintre peut alors projeter sur la toile les images qu’il lui plaît.
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Portrait de Gabriel Séailles Gabriel Séailles Revue des Deux Mondes

Des faits, il faut que la raison peu à peu se dégage et qu’au terme l’esprit se retrouve face à face avec l’esprit. Ce n’est ni Bacon, ni Descartes, c’est l’un et l’autre ; c’est déjà Leibniz, pour qui la raison est l’expérience même, mais sortie de sa confusion, développée et distincte. Concilier les contraires, tout embrasser et tout prendre, aller de la réalité à l’idée, de la science à la philosophie, comme par un mouvement insensible qui mène de l’une à l’autre, c’est l’esprit même de Léonard de Vinci dans sa richesse et dans sa grâce.
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