Résumé

George Fonsegrive Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

Mais l’obligation, pour avoir une raison de s’imposer à nous, a-t-elle besoin d’autre chose que d’avoir raison ? La vie, la loi primordiale de toute vie nous pousse à être, à aller vers l’avenir ; la raison, à son tour, parmi toutes les voies qui s’ouvrent à nous, nous en fait voir une, une seule qui mérite vraiment d’être appelée nôtre : comment ne nous sentirions-nous pas, en même temps que poussés par la vie, liés, obligés par la raison ? La raison et le bien ne constituent pas deux principes différens, car c’est le bien même pressenti par l’intelligence qui fournit la raison d’agir.
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George Fonsegrive Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

L’instinct de connaissance nous pousse à ne jamais nous contenter de la science acquise, à toujours vouloir plus savoir et mieux comprendre ; l’instinct de la vie nous pousse à ne jamais être satisfaits, à ne jamais nous reposer dans une plate béatitude, à vivre d’une vie toujours plus haute, plus intense. Mais à vouloir constamment se surmonter et se dépasser soi-même, on risque gros. Nietzsche vivra donc dangereusement. Il faut aimer le danger et n’avoir pas peur d’y périr. Le courage qui fait qu’on l’affronte est déjà une valeur qui compense et au-delà les pertes que l’on peut subir.
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George Fonsegrive Revue des Deux Mondes tome 4, 1911

« La douleur même, disait Spinoza, devient une joie quand nous savons que c’est Dieu qui nous l’envoie. » C’est ainsi que le sage possède son ciel intérieur, un paradis suprême de l’âme, efflorescence de la sagesse, parfum de la vertu qui ne peut se séparer ni de la sagesse ni de la vertu et que l’on a le droit de considérer comme une sanction. Les lois psychologiques nous expliquent comment ce contentement intime est lié à notre santé morale, car, selon le mot d’Aristote, « le plaisir s’ajoute à l’acte comme à la jeunesse sa fleur. »
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