Résumé

Portrait de Jacques Rivière Jacques Rivière L'Allemand. Souvenirs et réflexions d'un prisonnier de guerre (1918)

Mais il y a chez l’Allemand une sorte d’ignorance congénitale du vrai, qui mérite d’être étudiée de près. Le vrai n’est pas pour lui une chose dont le faux soit le contraire. Le vrai n’est rien d’indépendant des esprits qui le présentent, ni de ceux qui le reçoivent ; ce n’est pas une qualité des idées en elles-mêmes. Le vrai, c’est ce qu’il est possible de faire croire, c’est toute disposition d’objets ou de mots qui peut donner à un spectateur ou à un lecteur l’impression de la vérité. Le vrai, c’est tout ce qui peut être rendu vraisemblable.
Source : Gutenberg

Portrait de Jacques Rivière Jacques Rivière L'Allemand. Souvenirs et réflexions d'un prisonnier de guerre (1918)

Je vous assure, la mauvaise foi de l’Allemand n’est pas aussi profonde que vous croyez. Ou plutôt elle l’est bien davantage ; elle est beaucoup plus naïve, beaucoup plus naturelle. Avant d’être quelque chose dans sa volonté, elle est quelque chose dans son esprit : une sorte de simultanéité et de continuité qu’y prennent spontanément l’être et l’apparence. Il ne trompe pas, il confond, et il confond d’abord pour son propre compte. Il voit lui-même la réalité comme il l’arrange, comme il faut qu’elle soit. Le tour qu’il lui donne en fait positivement partie à ses yeux.
Source : Gutenberg

Portrait de Jacques Rivière Jacques Rivière L'Allemand. Souvenirs et réflexions d'un prisonnier de guerre (1918)

Oui, la « monade », qui est le résultat d’une sorte de chute, de catastrophe de l’univers entier dans l’unique, est bien la seule espèce d’individualité que l’Allemand puisse concevoir.
Faust est une monade, et si de là lui viennent une exceptionnelle ampleur, une sorte de dynamisme représentatif encore jamais atteint, il garde aussi de sa nature comme totale quelque chose d’éloigné, de mal humain. On pourrait même dire qu’il est un symbole merveilleux du malheur qui pèse sur l’esprit allemand : par la difficulté qu’il trouve à vivre, à faire des gestes qui soient les siens, à être quelqu’un.
Source : Gutenberg

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