Résumé

Les Ruraux ; par un citadin. (15 mai… (1871)

Avant tout, il faut que vous soyez un homme, un citoyen, un républicain enfin ; car hors de la République point de salut. C'est elle qui doit sauver la France de la lèpre des ruraux et, après la France, le monde, comme dit le grand citoyen Delescluze.
— Vous voulez donc les extirper, comme une molaire malsaine, les ruraux ?
— Non, mon ami, non ; seulement au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, nous voulons tout simplement leur ôter le droit d'avoir voix au chapitre des affaires publiques, c'est-à-dire de voter, jusqu'au jour où ils penseront comme nous.
Source : Gallica

Les Ruraux ; par un citadin. (15 mai… (1871)

Vous étiez donc aveugle, Monsieur, pour n'avoir pas vu que tant de belles années, passées dans votre cabinet ou au prétoire, étaient des années perdues pour la liberté, l'égalité et la fraternité. Rural, vous dis-je, vous n'êtes qu'un rural !
Et vous, Ouvriers de la Pensée, savants écrivains, philosophes, artistes, quelle folie a donc été la vôtre de vous ingénier à creuser, à force de veilles et de travail, un sillon lumineux dans le vaste champ des sciences et des arts?
Source : Gallica

Les Ruraux ; par un citadin. (15 mai… (1871)

Vous êtes incorrigible, rural, mon ami ; l'obscurantisme a abruti votre intelligence. Vous ne comprenez rien à la grande morale, à la morale indépendante.
Avez-vous lu Hobbes, l'éminent moraliste? Non, peut-être ; eh ! bien ! sachez que cette fleur des pois des philosophes a été l'un des plus illustres précurseurs de nos admirables doctrines ; c'est lui qui a dit cette profonde parole : Homo homini hupus ; c'est
lui qui a découvert, avec son génie hors pair, que le préjugé qu'on appelle la morale était une invention des prêtres et des rois
Source : Gallica

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