Résumé

Les états intersexuels (1950)

“ Tout être humain est muré dans son sexe et douloureusement inquiété par l'autre. Ne l'imaginons pas comme le morceau d'une effigie scindée en deux, comme une moitié de fruit. Il est plutôt un fragment de miroir brisé où tout l'humain se reflète dans une perfection mutilée. Le sexe est différence et solitude. La femme se tient devant l'homme telle une énigme indéchiffrable, et l'un et l'autre portent le poids d'une double inquiétude. L'homosexualité, en deçà ou au delà du sexe, provient de ce tourment insupportable; elle est le rêve du «sans-sexe» pour abolir l'autre sexe. ”
Source : Gallica

Les états intersexuels (1950)

“ Avant d'aborder l'attitude moderne masculine et féminine, il est un fait capital, que sous peine de ne rien comprendre à l'évolution du problème, il faut brièvement rappeler : le fait chrétien.
On sait quel renversement trop tranché peut-être, mais réel, Hegel prétendait constater dans le devenir humain entre l'époque de la beauté grecque, sereine, finie, et l'inquiétude chrétienne de l'infini. Avec l'incarnation du Christ, l'infini descendait à l'intime de chaque âme, substituant à la satisfaction du fini, la conscience d'une destinée supra-terrestre et l'inassouvi de la tendance.
”
Source : Gallica

Les états intersexuels (1950)

“ Si l'amour humain est don de soi, nous dirons donc que l'homosexualité est la forme la plus pure de l'égoisme1. Et c'est pour cela que nous la considérons comme une déviation avant tout spirituelle. Mais comme, en toute faute, l'être ne s'engage que par une suite de démarches concrètes, n'y a-t-il pas aussi en ce domaine
1. Je n'entends pas réserver l'égoïsme dans l'amour à l'homosexuel. Il existe bien des formes de l'égoïsme dans l'amour hétérosexuel (tyrannie, don juanisme, refus de s'engager, etc.)
”
Source : Gallica

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