Louise Berthaut

Louise Berthaut

Résumé

Portrait de Louise Berthaut Louise Berthaut Les Petites Provinciales

Après trois semaines d’intimité avec Paris, j’ai en moi une sensation de vide et je me sens prise de marasme. Tout mon amour est ravivé et me tourmente parce que, de nouveau, j’ai vu, entendu et respiré la ville ; toute mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse me reviennent dans l’âme et dans la chair et je me demande comment j’ai pu m’en aller, comment j’ai pu abandonner avec indifférence tant de choses qui m’appartenaient et qui n’existent nulle part ailleurs sur terre.
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Portrait de Louise Berthaut Louise Berthaut Les Petites Provinciales

Alors ils persiflent la province ou ils font le silence sur elle, quitte à se faire à Paris un tremplin avec la Bretagne, la Provence, la Lorraine et la Gascogne, qu’ils trouvaient si étroites, potinières et inhabitables tant qu’ils y ont vécu. Les Parisiens de Paris ne sont pas innocents non plus de mauvaises dispositions envers les provinciaux. Je le sais bien moi-même, maintenant que je suis considérée à Paris comme une provinciale. C’est là l’inconvénient, mon cher ami, des situations hybrides. On est rejeté par les uns et on n’est pas adopté par les autres.
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Portrait de Louise Berthaut Louise Berthaut Les Petites Provinciales

Ma maturité s’attendrit sur l’adolescence féminine. Quelle créature humaine est plus jolie qu’une créature féminine de quinze ou seize ans qui est encore une enfant et qui est déjà une femme ? Qu’est-ce qui peut donner mieux une impression de fraîcheur, de grâce vigoureuse, de force latente et de joie saine ? Je pense quelquefois maintenant que j’ai eu cet âge là. Mais je ne m’en apercevais pas et c’est à présent que je me sens de l’amitié, une amitié un peu mélancolique, pour la petite personne souple et menue que je vois vivre dans mon passé.
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