Adrien Mithouard

Résumé

Adrien Mithouard Revue des Deux Mondes

Qu’une population surprise et remuée tour à tour, en moins de deux mois, par la duplicité de la diplomatie allemande, la déclaration de guerre, la mort tragique d’un tribun, le bruit des premiers revers, l’approche des armées barbares et le frisson soudain de la victoire, demeure égale et maîtresse de ses nerfs, c’est l’indice de la force morale la plus haute et la plus noble. Cette sérénité n’étonne pas ceux qui sont avertis : le Parisien se doit toujours quelque chose à lui-même.
Mais voici que ce beau courage va subir un nouvel assaut : il lui faut désormais affronter l’épreuve du temps.
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Adrien Mithouard Revue des Deux Mondes

C’est un sel qui pique pour garder l’intelligence de toute corruption. Mais s’agit-il d’apprendre quelque nouvelle, le Parisien n’est plus d’humeur plaisante : son esprit est avide. Il court à l’autre bout de la Ville, il veut être informé de tout, il ne manque pas un spectacle, et cette curiosité universelle vient d’un cerveau incapable d’indifférence, épris d’activité, cherchant toujours la notion ou la nouvelle qui va le mettre en mouvement. Ainsi le goût de tout comprendre lui donne la passion de tout savoir, car c’est la faculté de connaître qui est toujours affamée en lui.
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Adrien Mithouard Revue des Deux Mondes

C’est une erreur de croire et d’aller répétant que le Parisien est sentimental. S’il est vrai que l’on rencontre à de certains jours de l’année un grand concours de monde dans les cimetières, le souvenir que chaque famille vient y porter à ses morts témoigne bien au contraire d’une piété aussi constante que contenue où l’on peut saisir de nouveau le Parisien dans sa bonté morale. Si l’on veut dire qu’il s’émeut en hâte à la nouvelle d’un grand deuil ou d’une catastrophe, je crains bien qu’on n’ait pas aperçu l’empire qu’exerce sur lui la curiosité.
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