Résumé

M. Prozor Revue des Deux Mondes

AGNES. — A des funérailles ? EYNAR. — Vraiment ? Et qui enterre-t-on ? BRAND. — Le Dieu que tu viens d’appeler ton Dieu. AGNES (s’écartant) . — Viens, Eynar ! EYNARD. — Brand ! BRAND. — Le Dieu des esclaves, des serfs courbés sur la glèbe. On le roulera dans un linceul, on l’enfermera dans une bière, à la face du jour. Il fallait que cela finît. Vous comprenez : voilà des siècles qu’il languissait ! EYNAR. — Tu es malade, Brand ! BRAND. — Je me porte comme le pin des montagnes, comme la bruyère des landes ! C’est le siècle qui est malade. C’est la race d’aujourd’hui qu’il s’agit de guérir.
Source : Wikisource

M. Prozor Revue des Deux Mondes

Voit-on le but, mais craint-on le combat, on compte vaincre quand même par l’amour. S’égare-t-on, tout en connaissant le vrai, on a un point de repère : l’amour... Ah ! vis-à-vis de ce peuple lâche et indolent, le meilleur amour c’est encore la haine ! A peine a-t-il prononcé ce mot, qu’il recule, terrifié, devant sa propre pensée. Une détente se produit tout à coup dans son âme passionnée : et, repoussant Agnès qui, toute saisie, se presse contre lui, il se précipite dans la maison, s’agenouille devant le berceau du petit Alf et sanglote.
Source : Wikisource

M. Prozor Revue des Deux Mondes

Mais Brand, se dégageant, le fait tomber dans la neige et s’éloigne.
LE PAYSAN. — Aïe ! aïe ! Est-il rude, cet homme ! Et il appelle ça travailler pour le Seigneur ! (Il se lève.) Holà, prêtre ! LE FILS. — Il monte vers le sommet. LE PAYSAN (appelant encore) . — Écoute ! te rappelles-tu à quel endroit nous avons perdu notre chemin ? BRAND (caché par le brouillard) . — Que t’importe, à toi ? Tu suis toujours la grande route ! Il est clair que, pour Brand, cette marche à tâtons, à travers obstacles et périls, cette lutte contre l’homme du peuple, sont, l’une et l’autre, l’image de sa mission.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature