P. G. La Chesnais

Résumé

P. G. La Chesnais Brand d'Ibsen : étude et analyse (1933)

Ce n'est pas pour le scandinavisme que je parle, ce n'est pas lui qui est pour moi l'essentiel en cette affaire, je parle pour la vérité. Ce n'est pas pour le Danemark que je parle, mais pour la Norvège, pour la croissance de la vérité dans ma patrie.
« Ce n'est pas pour le scandinavisme que je parle... ». Brand dira : « Je ne sais si je suis chrétien ». Ce n'est pas l'idée qui importe, c'est le dévouement à l'idée, c'est le sacrifice. Il est difficile d'imaginer une pensée plus proche de celle de Brand.
Source : Gallica

P. G. La Chesnais Brand d'Ibsen : étude et analyse (1933)

C'est évident : que Brand soit prêtre n'a rien d'essentiel. Mais enfin, il l'est. Quant à Julien, ce n'est pas non plus le problème religieux qui a incité Ibsen à l'étudier, au moins à l'origine. Il y a vu d'abord l'histoire de la fin d'un monde. Il songeait alors que l'antique Norvège était un monde mort, tandis qu'il avait cru qu'elle pourrait revivre aussi brillante que jadis sous d'autres formes. Il est hanté par l'idée qu'une nation peut disparaître, et dit même dans une lettre qu'il augure mal de la durée du peuple norvégien. C'est cela qui lui a suggéré l'idée d'un drame sur Julien.
Source : Gallica

P. G. La Chesnais Brand d'Ibsen : étude et analyse (1933)

Brand avait grandi au point d'exiger toute la place. Il était jusqu'alors un peu indécis, incertain de sa vocation, il adressait à Dieu cette prière : « Apprends-moi à vouloir plus que je ne peux ». Dans le drame, il n'aura pas besoin de l'apprendre. Et à ce grandissement de Brand correspond une diminution d'Ejnar, devenu d'une légèreté plus banale au commencement, et grotesque par la suite. Le récit plus ou moins réaliste était commode pour introduire les digressions auxquelles tenait Ibsen, il devait renoncer à cette composition, concentrer davantage et présenter son héros tout formé.
Source : Gallica

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