Maurice Bigeon 

Résumé

Maurice Bigeon  Revue des Deux Mondes

Le psychologue ne s’irrite pas. Arne Garborg n’a jamais connu la colère ; il n’a jamais eu, dans aucune page de ses livres, un cri de révolte ou de fureur contre toutes les ignominies qu’il découvre, qu’il décrit, qu’il analyse avec une impitoyable âpreté. De parti pris, avec une résolution inébranlable, il contient, il fait taire les élans de son cœur. Il raille... Hélas ! sa raillerie s’évanouit dans un sanglot. Son cerveau est las et son cœur est meurtri ; sa raison est en déroute comme l’est aussi l’amour qui l’avait un moment enflammé pour l’humanité triste.
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Maurice Bigeon  Revue des Deux Mondes

La fatalité triomphe, Ellen est vaincue. Une passion heureuse l’eût sauvée peut-être ; maintenant elle décline. Blessée au cœur, elle se replie sur elle-même, rentre dans une solitude salutaire où elle espère oublier. Elle va demander à ses ombres aimées les leçons de la vie, et comment on guérit ; toutes lui crient que le remède, le remède souverain, c’est l’orgueil. Elle croit que, isolée, entre ces murs où tant de souvenirs l’aident à supporter sa misère, elle pourra vivre, hautaine et farouche. Quand on est noble, on ne doit pas faillir, et la souffrance est roturière.
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Maurice Bigeon  Revue des Deux Mondes

A trente ans de distance, et poète, il revit sa vie enfantine, il la raconte, il la sent de nouveau. Et quand parfois, il tente de saisir l’âme sous le corps, il ne trouve qu’un je ne sais quoi ondoyant, vague, enveloppé dans une lumière confuse et pâle, pareille à celle qui, monotone et maladive, règne sur la steppe et sur le fjord. Avec ses lacunes, Lie apparaît alors comme un matérialiste singulièrement affiné et vibrant ; les choses sont entrées en lui ; la mer est salée dans ses livres. C’est un visionnaire, doué d’organes d’une rare puissance.
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