Marc-Antoine Jullien

Résumé

Marc-Antoine Jullien Poésies politiques (1831)

Adieu , belle espérance De consacrer mes jours à la gloire , à la France !
La gloire n'est qu'un songe évanoui pour moi.
La France, qui reçut messermens et ma foi , Me livre sans défense à la haine acharnée Qui, bien avant le tems , détruit ma destinée.
Ils ne sont plus ces jours de calme et de bonheur Qui d'un long avenir m'offraient l'espoir trompeur.
D'une jeune beauté l'image enchanteresse Pénétrait tous mes sens d'une amoureuse ivresse : Sous un riant bosquet, dans un air parfumé,
J'éprouvais le désir, le besoin d'être aimé.
Source : Gallica

Marc-Antoine Jullien Poésies politiques (1831)

J'avais su préparer , dans un modeste asile , Pour mes fils, pour moi-même, un destin plus tranquille, Et, consacrant mes jours à d'utiles travaux, Les charmer quelquefois par un noble repos !
Mais un vague besoin d'activité, de gloire ; Le desir insensé d'une longue mémoire ; Un sentiment plus pur, tout puissant sur mon cœur, L'amour de mon pays, l'espoir de son bonheur ; De ma chère patrie, heureuse et florissante, A mes yeux fascinés, l'image ravissante ; La foi dans l'avenir, qui des cœurs généreux, Des cœurs trop confians trahit souvent les vœux
Source : Gallica

Marc-Antoine Jullien Poésies politiques (1831)

Tout mortel vertueux, s'il est infortuné, Au plus triste abandon d'avance est condamné ; C'est un vil PARIA, rebut de la nature.
Dans la honte et les pleurs que sa carrière obscure Se traîne loin des lieux qu'habite le bonheur; On s'éloigne, de lui, car on fuit le malheur.
Mais, ce mortel frappé d'un terrible anathême , Il fut bon, vertueux : à son heure suprême, Le souvenir touchant des heureux qu'il a faits, D'un demi-siècle entier de travaux, de bienfaits, Pourra le consoler des chagrins dont l'envie , Les ingrats, les méchans ont abreuvé sa vie.
Source : Gallica

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