Marguerite-Marie d' Armagnac

Résumé

Marguerite-Marie d' Armagnac Neiges éternelles, éternelle chanson… (1938)

Vous ne me
répondez pas ? reprit Antoine tandis que Claude gardait le siilence.
— Que vous répondrais-je, mon ami, vous n'êtes pas libre.
— Quand Anne saura que je vous aime, elle me rendra ma liberté. Des fiançailles ne constituent pas un lien infrangible et peuvent se rompre. Je me suis trompé, je n'ai jamais aimé Anne, sinon en amie d'enfance, comme la chère petite compagne de mes jeux. J'ai eu pitié de sa fragilité, de sa peine en se voyant atteinte. Cette amitié, cette pitié que j'ai prises pour de l'amour m'ont gardé, m'ont empêché de connaître des passions qui auraient pu m'éclairer.
Source : Gallica

Marguerite-Marie d' Armagnac Neiges éternelles, éternelle chanson… (1938)

Claude alla vers la fenêtre, puis revint au milieu de la pièce. La lumière de la lampe nimbait ses cheveux et son clair visage.
— Il neige encore, dit-elle, il se peut que demain nous nous trouvions bloqués dans ce chalet sans que j'en puisse sortir pour aller demander du secours. Nous mourrons peut-être de froid et de faim, les provisions étant épuisées, avant qu'on ait pu venir à notre recherche.
— Que la neige nous bloque et nous emmure ! répondit Antoine, qu'elle nous ensevelisse vivants tous les deux. Je préfère la mort avec vous à la vie sans vous.
Source : Gallica

Marguerite-Marie d' Armagnac Neiges éternelles, éternelle chanson… (1938)

A quoi bon vivre si l'on ne devait pas aimer un jour avec toutes les puissances de son être ?
Une telle question permettait à Claude de se rendre compte combien elle était sentimentale. La montagne, avec ses aspects grandioses, la solitude, le voisinage des sommets, exaltaient en elle ce penchant à vivre par le cœur. Il était plus vif que jamais ! Penchant néfaste peut-être, contre lequel elle aurait dû âprement lutter, car il ne trouverait point à se satisfaire.
Source : Gallica

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